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Cercle des Jeunes communistes de Paris XVème

130 rue Castagnary 75015 Paris

Mail : jc.paris15@gmail.com 

Tel. : 01 48 28 60 05


Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 10:27

drappalestSolidarité avec la lutte du peuple palestinien, solidarité avec ceux en Israël et ailleurs qui refusent l’injustice coloniale !


Solidarité avec les jeunes israéliens Noam Gur et Alon Gurman qui refusent le service militaire dans une armée d’occupation !


Tract-pétition de la JC Paris 15


L’injustice a trop duré en Palestine. Des décennies que le peuple palestinien subit le joug du colonialisme israélien. Quarante-cinq années qu’Israël bafoue le droit international en occupant les terres de Cisjordanie et de la bande de Gaza, au mépris des multiples résolutions de l’ONU, en particulier celle 242 sur le retrait des territoires occupés.

 

Pendant des années, ce fut Israël (et les Etats-Unis) contre le reste du monde. Désormais, le peuple Israélien se rebelle contre son propre gouvernement. A l’été dernier, des manifestations ont mobilisé des centaines de milliers de personnes, 300 000 à Tel Aviv en août dernier. Depuis des semaines, les grèves se multiplient dans tous les secteurs.

 

Chose nouvelle, la protestation articule de plus en plus lutte sociale interne à Israël et solidarité avec la cause palestinienne. Les conditions d’une convergence entre lutte populaire en Israël et lutte de libération nationale en Palestine se créent.


Les consciences se réveillent parmi la jeunesse israélienne, comme elle est éveillée depuis longtemps côté palestinien par l’horreur quotidienne.

 

Ce lundi 16 avril, deux jeunes israéliens, Noam Gur et Alon Gurman, 18 ans, ont dit NON à l’injustice faite au peuple palestinien, non à la banalisation de la barbarie. Ils ont refusé de s’enrôler pour leur service militaire. Au nom de la paix et de la justice.

 

Pour Alon Gurman, « Mon refus de servir dans l'armée Israélienne, en plus d'être le refus de prendre part à l'occupation et à l'apartheid, est un acte de solidarité envers nos amis Palestiniens vivant sous domination Israélienne, et de lutte pour la liberté, la justice et l'égalité. »


Noam Gur, elle aussi dit non: « Je refuse de rejoindre une armée qui, dès ses fondements, s'est engagée à dominer une autre nation, à piller et terroriser une population civile sous sa domination. »


Comme eux, comme tous ces jeunes israéliens et palestiniens, qui refusent l’injustice : refusons la banalisation de la barbarie, refusons d’accepter l’inacceptable, révoltons-nous, dans nos consciences et dans l’action ensuite !


La lutte du peuple palestinien est celle de tous les peuples opprimés, celle du peuple algérien hier contre le joug colonial français, celle des peuples irakiens et afghans aujourd’hui. Nous, jeunes communistes, appelons à une paix juste au Proche-Orient, reconnaissant le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même :


-          Fin de l’occupation israélienne et démantèlement de toutes les colonies israéliennes au-delà des frontières de 1967 ;


-          Reconnaissance d’un Etat palestinien indépendant et viable, dans les frontières de 1967


-          Levée du blocus israélien inhumain sur la bande de Gaza et la Cisjordanie ;


-          Refus de toute coopération militaire avec Israël, alors qu’en juillet 2011 le gouvernement Sarkozy a encore acheté pour 310 millions d’euros de drones à Israel ;


-          Lutte contre toute forme de racisme et d’anti-sémitisme, la meilleure façon d’être un combattant résolu de la lutte contre l’anti-sémitisme, c’est de lutter contre le sionisme !


-          Solidarité avec toutes les luttes anti-capitalistes et anti-coloniales en Israel comme en Palestine !


Les jeunes communistes ont la lutte anti-coloniale au cœur de leur combat. Si toi aussi, tu veux participer à ce combat pour la justice et la liberté, rejoins les jeunes communistes du 15ème !


Encadré 1 : Deux jeunes israéliens en révolte contre l’injustice de leur pays


gurNoam Gur, jeune fille de 18 ans de Nahariya au nord du pays. Elle a publié récemment une déclaration où elle met en accusation les pratiques de l’armée d’occupation israélienne et partage, par la voie pacifique, la lutte du peuple palestinien. Sa lettre a poussé d’autres à suivre son exemple comme…


 

 

gurmanAlon Gurman, jeune étudiant de 18 ans. Organisateur de plusieurs manifestations anti-capitalistes à Tel-Aviv, participant plusieurs fois aux manifestations en Cisjordanie contre les colonies, il pensait d’abord s’enrôler et changer les choses de l’intérieur. Un séjour dans les territoires occupés l’a bouleversé. Il a vu « des démolitions de maisons ; des niveaux inimaginables de violence contre les protestations civiles, et tout cela au nom du colonialisme ». Surtout il a vu des soldats de 18 ans en face de lui obéissant aux plus injustes des ordres, il en a tiré les conclusions qui s’imposaient: « Vous ne pouvez pas avoir de conscience morale dans une situation immorale »

 

 

Encadré 2 :


makiLes communistes en Israël


Juifs et arabes ensemble pour la paix et contre le colonialisme

 

Peu de gens le savent, mais les communistes sont une force importante en Israël. La seule à compter dans ses rangs Juifs et Arabes, comme le PC sud-africain était le seul sous l’apartheid à accepter Noirs et Blancs.

 

Le seul parti résolument anti-colonialiste, le seul à tenter de créer une convergence des luttes entre la classe ouvrière israélienne et le peuple palestinien.

 

Dans l’hostilité la plus totale dans une société où le poids du racisme et de l’état de guerre prédominent, ils ont tout de même réalisé 4% aux dernières élections législatives de 2009 et comptent 4 députés au parlement israélien qui portent, seuls, la voix de la paix et la cause des Arabes d’Israël et de Palestine.

 

Par JC Paris XV - Publié dans : Solidarité internationale
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:00

16-mai-chili.jpgConvergence des luttes entre mineurs et étudiants au Chili

 

Des centaines de milliers de manifestants dans la rue contre des reculs sociaux qui ramènent le pays à l'ère Pinochet

 

 

Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ et

 

 

Article publié originellement sur Avante, quotidien du Parti communiste portugais (PCP)

 

 

Des milliers de chiliens ont protesté la semaine passée contre les politiques anti-populaires et anti-ouvrières du gouvernement et ont revendiqué un nouveau modèle socio-économique pour le pays.

 

Les actions revendicatives ont commencé mercredi 16 mai avec une manifestation qui a réuni plus de 100 000 étudiants dans la capitale Santiago. La seconde mobilisation convoquée cette année par les élèves du Supérieur et du Secondaire a dépassé l'initiative réalisée au cours du mois d'avril – dans laquelle s'étaient retrouvés 80 000 étudiants – et qui a eu comme revendication centrale la mise en place d'un système d'enseignement public, gratuit et de qualité, la même qui, en 2011, a conduit l'ensemble des agents de l'éducation à des mobilisations sans précédent depuis plus d'une décennie.

 

« Lycéens, étudiants et professeurs sont unis dans la lutte pour liquider l'héritage de la dictature, un système éducatif ségrégatif qui discrimine les pauvres », a souligné Gabriel Boric, de la Confédération des étudiants du Chili.

 

L'accès à l'université au Chili est considéré comme un des plus onéreux u monde. Le Centre d'études pour un développement alternatif (CEDA) estime à 4 000 $ annuels le prix minimum pour accéder à l'enseignement supérieur.

 

Aujourd'hui, cette somme équivaut au revenu mensuel moyen d'une famille chilienne aisée, en revanche, un ménage à faible revenu a besoin d'à peu près 20 salaires pour payer un an à l'université pour un de ses enfants.

 

Le programme de Prêts garantis par l’État, en vigueur, couvre jusqu'à 100% du coût des frais universitaires à un taux d'intérêt de 6%. Le problème, c'est que les élèves et leurs familles respectives s'endettent sur une ou deux décennies, ce qui, dans la conjoncture actuelle, est inaccessible pour des milliers de travailleurs licenciés et de familles chiliennes modestes, un fait qui montre crûment toute la fausseté de la prétention à l'universalité du système et sa soumission à la logique du profit.

 

Ceux qui ont profité de la situation, ce sont les entités bancaires qui, depuis 2006, ont déjà engrangé près de 550 milliards de dollars avec le « financement » des études de milliers de jeunes, révèlent les données recueillies par la Red Diario Digital do Chile.

 

Les mineurs rejoignent la lutte des étudiants chiliens

 

Dans la lutte se trouvent également les mineurs chiliens qui, mercredi 17 mai, ont réalisé une manifestation nationale contre le régime d'authentique esclavage auquel sont sujets les travailleurs du secteur dans les entreprises publiques et privées, a souligné le président de la Confédération des travailleurs du cuivre (CTC), Cristian Cuevas.



Pour Cuevas, la situation des mineurs confirme un recul de plusieurs décennies pour ce qui est de leurs droits, rémunérations, horaires, liberté d'action et organisation syndicale, et enfin sécurité au travail, fruit non seulement d'une dégradation imposée dans les entreprises déjà existantes mais, aussi de l’aggravation de l'exploitation des travailleurs dans les nouvelles concessions minières.



La Confédération minière du Chili et la Fédération de la Mina Escondida, la plus grande mine de cuivre du monde, ont également adhéré à la journée convoquée par la CTC. Au total, selon les organisations syndicales, 35 000 mineurs sont entrés en lutte, dans les entreprises publiques comme privées, travailleurs en CDI et précaires puisque plus rien ne les différencie.



Vendredi 18 mai, les populations du Nord du Chili ont pris le relais des manifestations de la puissante force sociale que représentent les mineurs, mais, cette fois, pour défendre une plus juste redistribution de l'exploitation du sous-sol pour les municipalités.



Le gouvernement chilien propose la création d'un fonds (Fondenor), qui, d'ici 2025, partagera 225 millions de $ entre 40 communes, mais l'immense majorité de la population et certains élus locaux contestent le projet.



Esteban Velásquez, le président de l'Assemblée de Calama, la plus importante ville minière du Chili, située dans la région d'Antofagasta, rappelle que l'argent ne suffit même pas pour construire un hôpital décent.



Dans les cinq dernières annés, seulement dans la province d'El Loa, où se trouve Calama, fut extraits des matières premières d'une valeur de plus de 15 milliards de $ mais le peuple n'en a que peu ou pas du tout bénéficié. La même chose se passe dans les autres villes et provinces minières chiliennes, c'est pour cette raison qu'ont été réalisées des manifestations, défilés, blocages de routes contre le Fondenor dans 30 localités du nord du pays.

Par JC Paris XV - Publié dans : Solidarité internationale
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 14:23

9782081248793Élections, piège à cons ?

 

Échange instructif pour la JC 15 avec Jean Salem sur la place des élections dans notre stratégie politique

 

 

C'est une vingtaine de camarades de la JC du 15ème et d'ailleurs qui ont participé à l'initiative organisée par notre section avec Jean Salem, professeur de philosophie à la Sorbonne, animateur du séminaire Marx XXI.

 

Une initiative qui prenait pour thème son dernier livre « Elections, piège à cons ? », d'une actualité certaine au sortir d'une année électorale qui nous a emmené, en tant que communistes, à nous reposer la question du sens des élections pour une organisation révolutionnaire comme la nôtre.

 

Le secrétaire de la JC 15 a insisté sur la nécessité de replacer les élections dans notre stratégie politique : celle de la conquête d'une autre société que le capitalisme, le socialisme, qui passe par une rupture politique révolutionnaire.

 

Une fois arrivée au constat qu'aucune révolution sociale aboutie n'est arrivé au pouvoir par les urnes, de Cuba à la Russie, que la plupart des transformations sociales profondes conquises chez nous l'ont été par la lutte – grandes grèves de 36, Résistance, mai 68 – et enfin que chaque fois que la bourgeoisie a été mise en difficulté, elle n'a pas hésité à abolir le jeu électoral, comme au Chili en 1973 par exemple, quelle place pour les élections dans notre ligne politique ?

 

En revenant sur notre histoire et sur nos références théoriques, les élections ont trois fonctions :

 

  • c'est une tribune, celle que mettait en avant déjà Marx et Engels. Elle n'a de sens que si sont affirmées des idées communistes et si elles ne sont pas cachées derrière des formations au contenu idéologique flou dans l'espoir d'hypothétiques gains électoraux ou de sièges ;

 

  • c'est un thermomètre. Lénine défendait la démocratie bourgeoise comme le meilleur régime pour l'expression des idées communistes, dans l'Etat et la révolution. Il n'y a aucune contradiction, les élections permettent de voir l'état du rapport de force même déformé, par les fraudes ou les manipulations idéologiques. Un résultat électoral n'a de sens encore une fois que si il est l'expression d'un message politique clair ainsi que d'un travail d'une organisation de classe et de masse dans la société ;

 

  • c'est un point d'appui enfin. Gramsci, souvent mécompris, a réalisé une critique féroce des institutions bourgeoises et des Appareils idéologiques d’État (médias, école, université) qui créent un consensus dans la société civile autour de la défense de l'ordre capitaliste. Le rôle du Parti communiste est de briser ce consensus d'abord dans la société (civile) et pas dans les institutions politiques. Pour Gramsci, le parti, par ses cellules de quartier et d'entreprises, doit mener un long travail préalable, une guerre de position, où il va s'agir de faire bouger le rapport de force (faire bouger les tranchées), conquérir des points d'appui (les casemates/forteresses de la bourgeoisie), un préalable à la guerre de mouvement : la révolution proprement dite ;

 

Jean Salem a ensuite développé devant nous les principaux éléments de réflexion présents dans son livre, une présentation organisée en trois axes :

 

  • la critique acerbe du cirque électoral, alimenté par un jeu médiatique qui verrouille toute émergence d'une alternative. Des mascarades électorales où ceux qui présentent un discours de gauche s'empressent le lendemain de contredire leurs promesses, où le népotisme (« les dynasties démocratiques ») et le clientélisme règnent ;

 

  • le constat d'un pouvoir confisqué par les élections. Certes, les élections sont bien un « baromètre » pour juger du « degré de maturité de la conscience populaire » (Engels). Lénine, très finement dans le contexte du tsarisme, adaptait ses consignes de vote au contexte : tantôt abstention, tantôt vote à telle élection, en fonction de ce qui pouvait y être gagné. Mais il faut bien s'attendre par ce que l'on entend par démocratie. Pour un démocrate comme Rousseau, les élections et la représentation sont antithétiques à la démocratie, la vraie, celle directe, reposant sur une souveraineté inaliénable. Rousseau disait ainsi du peuple anglais qu'il n'est « libre qu'une fois tous les trois ans », avant et après les élections il disparaît en tant que peuple. De toute manière, la démocratie représentative telle qu'on l'a connue, tend elle aussi à être remise en cause par un système capitaliste qui n'hésite pas à bafouer les votes des peuples lorsqu'ils ne correspondent pas. On peut penser aux vote contre le Traité constitutionnel européen entre 2005 et 2008 en Hollande, en Irlande et en France, tous déjugés par les « élus » du suffrage universel ;

 

  • le spectacle d'une élection ininterrompue, tout coule à l'élection, tout en dérive. C'est l' « électionite », on saute d'une élection à une autre, les lignes politiques s'adaptent au gré des sondages, vérité absolue qui oppose une opinion publique sage à des minorités, la rue, trop bruyante. La politique n'en est réduite qu'au détail, à la frivolité, aux artifices médiatiques ;

 

L'intervention de Jean Salem a été saluée par tous les jeunes communistes présents et a donné lieu à un débat animé autour de questions d'actualité pour l'essentiel :

 

la question de Mélenchon et du Front de gauchea été évoquée. Tous ont émis de lourdes critiques sur l'effacement de notre point de vue communistes mais les interprétations ont divergé entre ceux qui voient certains éléments positifs tantôt dans la campagne de Mélenchon tantôt dans la radicalisation d'une partie de l'électorat, et une majorité inquiète d'une dérive de personnalisation, de « peoplisation », bien intégrée au cirque médiatique décrit par Jean Salem mais aussi d'un enfermement dans un cadre institutionnel, électoral, maîtrisé par la classe dominante. Dans l'ensemble, il a été rappelé que la vingtaine d'adhésions de la JC 15 depuis septembre l'ont été ni sur une base d'adhésion ni de dénigrement public du Front de gauche mais bien sur une base de lutte, sur l'affirmation de nos principes communistes et sur notre travail de terrain,dans les quartiers, lycées et entreprises du 15ème ;

 

la Grècea aussi préoccupé certains camarades, avec l'opposition de plus en plus nette entre le PC Grec, le KKE, et Syriza, une coalition hétérogène dite de « gauche radicale ». Il a été unanimement salué le rôle essentiel joué par le KKE dans le développement des luttes en Grèce et il a été évoqué les positions conciliantes de Syriza avec l'UE, à tel point que M.Tsipras, son leader a récemment écrit une lettre aux dirigeants de l'UE pour proposer ses services afin d'assurer la stabilité en Grèce et en Europe !

 

La question du rejet de la Vème république a enfin été posée, avec son système présidentiel qui aboutit à la personnalisation de la politique, et le scrutin majoritaire, qui bi-polarise le débat politique autour d'une alternance sans alternative. De Gaulle l'a conçu pour tuer le Parti communiste, il faut rompre avec elle non seulement dans les discours mais aussi dans les faits. Ne pas succomber à la personnalisation et à l'alternance sans alternative.

 

Le débat s'est poursuivi autour d'un verre, dans une ambiance fraternelle. Tous d'accord sur un point : si il ne faut pas négliger l'opportunité des élections pour faire entendre nos idées communistes, le changement ne passera pas par les élections !

 

Voici la vidéo de l'intervention de Jean Salem : http://vimeo.com/42581330

Par JC Paris XV - Publié dans : Actualité du cercle JC Paris XV
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 06:46

22-avri.jpg« Printemps érable » dans les universités québécoises : cent jours d'une lutte qui met en échec le projet d'augmentation des frais de scolarité du gouvernement libéral



Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



En dépit des manœuvres de division et de diversion, des intimidations et de la répression, la plus grande manifestation étudiante qu'ait connue le Québec rentre dans sa 14ème semaine de grève.



Après les 250 000 manifestants dans les rues de Montréal le 22 mars, le mouvement tend à s'intensifier avec la présence de plus de 300 000 étudiants, lycéens de CEGEP, professeurs et travailleurs dans les rues de Montréal le 22 avril dernier. Ils étaient sans doute autant ce 22 mai pour fêter le centième jour d'une grève qui ébranle le gouvernement libéral de la province.



Depuis deux semaines, chaque soir, les étudiants grévistes de Montréal entament une manifestation dans les rues de la cité québécoise avec comme mot d'ordre : « Tous les soirs jusqu'à la victoire ! »



L'objectif du mouvement est d'obtenir le retrait du projet du gouvernement provincial d'augmenter les frais de scolarité de 1 625 $ sur cinq ans, soit 75%.



Il faut savoir qu'à l'heure actuellele système universitaire public québécois est un de ceux où les frais de scolarité les plus faibles du Canadaet même d'Amérique du nord, en dépit d'une hausse de 50% depuis 2007. Une année d'études coûte en moyenne 2 000 $ au Québec, contre 4 800 $ en Colombie-Britannique, 5 600 $ en Alberta et 6 640 $ dans la province voisine d'Ontario.



Face à cette mobilisation inédite, le gouvernement libéral de Jean Charest a eu recours à toutes les méthodes pour venir à bout du mouvement.



Rappelons tout d'abord deux choses.



Premièrement, que si le « Parti libéral » est perçu comme un parti de droite néo-libéral au Québec, il est à l'échelle du Canada un parti... de 'gauche', l'équivalent du Parti démocrate américain. Cela souligne le décalage entre la vie politique canadienne et celle québécoise, cette dernière plus à gauche, bien que polarisée avant tout par la question de l'indépendance, brouillant la ligne de fracture traditionnelle gauche-droite.



Deuxièmement, Jean Charest est un récidiviste. En 2005, il avait déjà dû reculé après avoir proposé un projet analogue qui avait entraîné plus de 200 000 étudiants dans les rues de Montréal. Reculé pour mieux sauter puisque une première hausse des frais de scolarité avait été entérinée en 2007.



Trois stratégies gouvernementales pour un seul objectif : casser la plus grande grève étudiante qu'ait connu le Québec



Face au mouvement, le gouvernement a eu recours à trois méthodes, successives mais aussi simultanées, visant à casser le mouvement :



  • la stratégie du pourrissement, pendant deux mois, le gouvernement libéral est resté ferme sur ses principes et a refusé toute négociation. Il a parié sur l'essoufflement du mouvement, jouant sur la corde de la 'prise d'otages' des étudiants sérieux par les grévistes. Si le nombre d'étudiants en grève illimitée est passé de la moitié à un tiers des étudiants grévistes, il reste énorme et le front syndical unitaire FEUQ/CLASSE n'a pas cédé ;



  • la stratégie de la division par l'ouverture de négociations partielles. C'est la proposition lancée par Jean Charest le 27 avril. Étalement de la hausse des frais de scolarité sur sept ans au lieu de cinq, changement des conditions des prêts étudiants et réduction des frais de scolarité annexes... à condition que les étudiants participent à la gestion des coupes dans les dépenses de fonctionnement de l'université. Des coupes supervisées par un comité dirigé par des représentants des pouvoirs publics, de l'université et de grandes entreprises privées. « Un cheval de troie pour la privatisation », selon la Jeunesse communiste Québecoise. 18 des 19 AG en grève ont refusé cet accord visant, comme en 2005, à tuer le mouvement pour mieux faire passer la contre-réforme



  • la stratégie de l'intimidation, par la répression et les campagnes médiatiques dépréciatives. C'est l'ultime recours. De l'explosion de bombes fumigènes dans le métro de Montréal à une manifestation qui dégénère devant le congrès du Parti libéral à Victoriaville le 4 mai dernier, une poignée de casseurs donne prétexte à des répressions brutales de la part des forces de l'ordre, à des campagnes médiatiques stigmatisant les « casseurs » voire même les « terroristes ». Le 4 mai dernier, à Victoriaville, la police n'a pas hésité à matraquer, user de bombes lacrymogènes faisant 9 blessés dont 2 graves. Selon le récit de Marianne Breton-Fontaine, leader de la JC Québecoise, « Un jeune étudiant est aveugle désormais, un autre entre la vie et la mort après que la police l'ait chargé et ait refusé de l'aider. La police a refusé d'appeler les ambulance pour les manifestants blessés ». La fameuse loi 78 adoptée le 18 mai par le Parlement québécois restreignant le droit de manifestation et de grève est le dernier recours d'un gouvernement illégitime prêt à nier les droits fondamentaux des citoyens québécois ;



Les communistes pour la convergence des luttes face à un gouvernement discrédité



L'enjeu de ce « printemps québecois » est bien de créer les conditions d'une double convergence des luttes, convergence entre luttes des étudiants et des travailleurs au Québec, convergence entre les revendications des étudiants québécois et ceux du reste du Canada.



Les conditions préalables existent face à un gouvernement provincial affaibli par des scandales de corruption et par sa gestion autoritaire et libérale rejetée par plus de 70% des Québecois.



Le « carré rouge » des manifestants est devenu l'emblème de la colère des étudiants, mais aussi celui de leurs parents et de leurs professeurs, face aux contre-réformes libérales qui ne contribuent qu'à l'endettement généralisé.



Le mot d'ordre combatif de la coalition étudiante sur des positions de lutte, CLASSE, est de plus en plus entendu : « Le mouvement pour le droit à l'éducation va bien au-delà de la simple question de la hausse des frais – il a rendu possible l'expression claire de notre ras-le-bol de devoir accepter que notre avenir soit défini par l'agenda de l'élite économique et politique ».



Les conditions d'une convergence des luttes étudiantes se créent au Québec comme dans le reste du Canada. Inimaginable un an de cela, le fait que l'université anglophone élitiste de McGill se joigne au mouvement est tout un symbole.



D'après un sondage récent, 62% des étudiants canadiens étaient prêts à exprimer concrètement leur solidarité avec les étudiants québécois en participant à de telles mobilisations dans leurs provinces, si jamais il avait lieu.



Le Parti communiste du Canada a lancé un appel à la solidarité avec la lutte des étudiants québécois, pour le droit à l'éducation mais aussi par une convergence des luttes qui passerait par une grève générale nationale. L'appel se conclut ainsi :



« Nous répétons notre revendication de toujours, celui d'une éducation gratuite du berceau à la tombe, une allocation d'autonomie pour les étudiants, la fin des dettes étudiants et le remplacement des prêts par des bourses, le droit des étudiants de s'organiser de façon autonome sans ingérence extérieure, de mettre en échec la privatisation en redonnant et à augmentant les dépenses publiques pour l'éducation ».



La lutte des étudiants québécois montrent que la mobilisation peut payer, peut se construire dans l'unité la plus large autour d'objectifs clairs. Si le mouvement est loin d'être terminé, le rapport de force permet d'entrevoir des possibilités de victoire. La démission de la ministre de l'Education le 14 mai, Line Beauchamp, est la preuve aussi de l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement.



Un gouvernement qui ne trouve d'autre solution que la négation pure et simple du droit de grève avec l'adoption de la loi 78 qui soumet toute manifestation de plus de 50 personnes à l'approbation préalable des forces de police sous peine d'amendes s’élevant jusqu'à 125 000 $.



Battu sur le fond, battu par un mouvement de luttes inédit depuis 1968 au Québec, le gouvernement libéral ne trouve d'autre réponse que la répression. Le syndicat CLASSE a déjà appelé à la désobéissance civile, soutenu directement par la formation de gauche radicale Québec Solidaire, à laquelle sont intégrés les communistes, et de manière plus ambigu par le Parti québécois, indépendantiste.



La lutte continue au Québec pour le droit à une éducation publique, gratuite et universelle !

Par JC Paris XV - Publié dans : Solidarité internationale
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:03

MAS.jpg Élections étudiantes en Grèce

La liste soutenue par la Jeunesse communiste progresse avec 14,2% dans les universités et 16% dans les Instituts techniques


Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Ce jeudi 16 mai avaient lieu des élections syndicales étudiantes dans tous les Instituts techniques et les universités de Grèce, dix jours après des élections législatives nationales qui ont vu dans l'ensemble une progression des communistes, mais aussi un effondrement des partis dominants et une radicalisation de la scène politique grecque.

En Grèce, contrairement à ce qui est le cas en France, chaque organisation étudiante est directement liée aux formations politiques de jeunesse, alors que tous les syndicats sont membres d'une même centrale unitaire, le Syndicat étudiant national grec, où se matérialisent en interne des rapports de force politique.

Les principales listes syndicales étudiantes sont organiquement liées aux deux piliers du consensus dominant. Au centre-gauche, les listes du PASP sont liées au PASOK socialiste, à droite, les listes du DAP sont soutenues par la Nouvelle démocratie.

Alternative au consensus dominant, jusque dans le milieu universitaire, les communistes ont leurs propres listes soutenues par la Jeunesse communiste grecque (KNE) : les listes du Panspoudastiki KS.

Les résultats des listes soutenues par la JC Grecque sont plus que positifs, avec une forte progression dans les Instituts techniques, avec plus de 16% (+3,3%), et une progression encourageante dans les universités, avec 14,2% (+0,6%).

Dans une dizaine de syndicats du pays, les listes soutenues par les communistes sont arrivées en tête, et pour la première fois elles sont arrivées en deuxième position dans un nombre encore plus important de syndicats, de villes et d'universités, comme à l'université de Patras.

Le Front militant étudiant (MAS), impulsé par les communistes grecs, et regroupant les syndicats étudiants tout comme les comités de lutte a analysé ce résultat positif comme un jalon important dans la lutte à venir contre les mesures d'austérité :

« Il est toujours nécessaire que les assemblées étudiantes et les comités de lutte deviennent le cœur du rassemblement militant du mouvement étudiant.

Nos congénères étudiants qui se sont abstenus tout comme ceux qui ont voté pour les listes soutenues par le PASOK et la ND doivent à nouveau réfléchir sur leur acte. L'abstention et l'indifférence sont dans le intérêts du système, indépendamment des intentions individuelles de chacun.

Les solutions faciles tombant d'en haut, quelle que soit le mode de gestion proposé, avec de nouvelles ou anciennes formations, dans les intérêts du peuple et de leurs enfants n'existent pas, et n'existeront pas. Quel que soit le gouvernement, quelle que soit la formation politique qui émergera dans la période à venir, ils n'apporteront aucune solution pour le peuple.

Pour cette raison, les enfants du peuple doivent tourner le dos au chantage et aux illusions.

La seule issue pour nous, c'est un changement radical dans le rapport de force à la base, ce qui signifie : activité au côté du MAS et des comités de lutte dans chaque faculté, changement, renforcement de la lutte et de l'organisation, alliance avec le mouvement ouvrier et populaire.

Les étudiants qui ont soutenu les listes Panspoudastiki KS étaient ceux qui durant les périodes précédentes ont rejoint le MAS, ont lutté avec les forces de classe dans le mouvement ouvrier et populaire, qui récoltaient de l'argent le jour même des élections pour soutenir la grève des métallurgistes et continueront à soutenir leur grève héroïque de toutes leurs forces. Ils ont lutté contre la ligne politique anti-populaire qui a paupérisé et paupérise encore les couches populaires, ils ont mis en échec l'instauration de la loi sur l'éducation supérieure, les coupes dans les droits au logement et à la restauration universitaires. Ils vont réaliser des progrès dans l'organisation et intensifier la lutte contre les forces du capital et ses représentants politiques. Ils vont s'opposer de façon encore plus ferme aux tentatives de liquidation du mouvement étudiant, cherchant à mettre son organisation au service du rassemblement.

Dans les batailles capitales à venir concernant l'éducation, le travail, notre avenir et nos vies, nous serons les protagonistes, en première ligne de la lutte pour la science, une lutte nécessaire pour notre peuple, et leurs enfants étudiants ».

Par JC Paris XV - Publié dans : Solidarité internationale
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  • : Le Mouvement des Jeunes Communistes de France est une organisation de jeunes militants qui veulent vaincre le capitalisme et bâtir le socialisme, propriété collective des moyens de production. Dans le 15ème arrondissement de Paris, nous proposons aux lycéens, étudiants et jeunes travailleurs de s'organiser au plus près de chez eux pour résister aux attaques du gouvernement et du patronat, défendre nos acquis sociaux, et obtenir des améliorations de nos conditions d'études et de travail.
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