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Jeunesse Communiste Paris 15

3 000 enseignants dans la rue contre la casse de l'éducation prioritaire. Grève massivement suivie dans les ZEP

10 Décembre 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Education

10404210_904445339566832_8123327016856828598_n.jpg3 000 enseignants dans la rue contre la casse de l'éducation prioritaire. Grève massivement suivie dans les ZEP

 

Article pour http://www.jeunescommunistes-paris15.fr/

 

Ce mardi 9, les syndicats enseignants des Académies de région parisienne appelaient à une grève – peu relayée hors ZEP – contre la réforme qui menace de casser l'éducation prioritaire. La mobilisation a été inégale mais massive dans les établissements concernés.

 

Sèvres-Babylone, 11 h. Lieu et heure de rassemblement prévus du cortège qui devait se diriger vers le Ministère de l'Education nationale, rue de Grenelle. Près de 500 enseignants sont déjà là, avec une présence remarquée de la FSU, ainsi que celles de la CGT et de Sud.

 

500 à Sèvres-Babylone à 11 h, 3 000 à midi en arrivant au Ministère !

 

Le cortège ne va cesser de se remplir, au fur et à mesure que les collègues de banlieue parisienne parviennent à Paris – après les AG, les manifestations locales, les piquets de grève – depuis leur lointaines périphéries : Colombes, Gennevilliers, Romainville, Ivry, Vitry, Montreuil, Stains, Aulnay, Saint-Denis, Tremblay, mais aussi Chelles, Lizy ou Provins. Ils sont venus, ils sont tous là !

 

Les jeunes profs de la JC 15 présents ont compté entre 2 500 et 3 000 manifestants, à l'arrivée, aux portes du Ministère, dans la rue de Grenelle, barrée par les forces de l'ordre. Le défilé emplissait intégralement la rue étroite de Grenelle, il avait déjà bloqué le large Boulevard Raspail.

 

La grève de ce mardi a été convoquée dans la précipitation dans la semaine, les syndicats de base de l'Académie de Créteil en étant l'avant-garde, au vu du succès des grèves locales depuis deux semaines, se soldant par des manifestations devant le Rectorat, des occupations de collèges.

 

De 70 à 100 % de grévistes, pour une grève convoquée à la hâte

 

Toutefois, dans la trentaine d'établissements du secondaire, la centaine d'écoles touchés par la réforme de la carte de l'éducation prioritaire, les taux de grévistes ont oscillé entre 70 et 100 %. Seuls les contractuels n'ont pu faire grève, tout en soutenant le mouvement.

 

Un mouvement né d'une opposition de fond à la réforme/casse de l'éducation prioritaire proposée par la Ministre Vallaud-Belkacem allant au-delà de la simple refonte des ZEP en REP, mais proposant un réel système d'éducation parallèle, laboratoire des logiques d'autonomie.

 

Les syndicats posent, dans l'immédiat, deux revendications non-négociables : pas un établissement ne doit sortir du dispositif ZEP/REP ; les points de bonification des enseignants en ZEP doivent être maintenus, juste récompense de leurs efforts sur le terrain, dans l'adversité.

 

Un cortège jeune, défiant les stratégies de division du pouvoir

 

Le rassemblement frappait par sa jeunesse, une immense majorité d'enseignants de moins de 35 ans, reflet du profil des professeurs envoyés en première ligne dans ses établissements difficiles, animé par des professeurs animés de l'idéal d'une éducation de qualité pour tous.

 

Un rassemblement largement composé d'enseignants de collège. Les écoles étaient aussi représentées. Par contre, les lycées brillaient par leur absence. Il faut dire que le Ministère fait tout pour éviter la moindre convergence dans la lutte.

 

Il laisse les lycées de côté de la réforme, avant sans doute de les exclure. Il tente de monter ceux qui entrent dans le dispositif contre ceux qui en sortent. Il essaie de rencontrer les enseignants des établissements mobilisés pour les rencontrer au cas à cas, calmer le jeu, pourrir la mobilisation.

 

Banlieues paupérisées, péri-urbain délaissé, des privilégiés ?

 

Les mots d'ordre se déclinaient sur les pancartes, banderoles, mais aussi cercueils, ballons : « Touche pas à ma ZEP » partout, l'ironique « REP = Réseau éducation pillé », le professoral « Najat, 0 sur 20 sur ta réforme », avec des annotations précises sur la casse du statut, l'autonomisation, l'éducation à deux vitesses.

 

10710372_904820472862652_3086490275724389974_o.jpgLes banderoles rivalisaient de créativité pour exprimer la rage des territoires qui vont pâtir de la réforme. Aulnay, Montreuil, Tremblay, Romainville, Ivry, Vitry, Gennevilliers, Villejuif, Chelles, Lizy-sur-Ourcq. Banlieues paupérisées, péri-urbain délaissé, difficile d'en faire des privilégiés !

 

Certains établissements qui sont présentés comme des privilégiés bénéficiant de la réforme ont répondu à l'appel syndical, soulignant les dangers de la réforme REP/REP +. On rappelle que 102 REP + ont été instaurés dès septembre 2014, préfigurant la réforme d'ensemble.

 

Le REP +, le moins-disant éducatif : le collège Barbara (ex-M.Thorez!) à Stains

 

C'était le cas du collège Barbara (ex-Maurice Thorez, tout un symbole!). Pour les personnels, d'abord les moyens ne sont pas là, nombre de profs ne sont toujours pas remplacés, forçant le recours généralisé aux contractuels sous-payés, précarisés, empêchés de faire grève.

 

Le compte n'y est pas là : il n'y pas le doublement de la prime ZEP/REP, le temps de concertation promis n'est pas consacré à l'accompagnement concret des élèves, les classes sont toujours sur-chargés, la seule assistance sociale est débordée, devant gérer tout le réseau (+ de 1 000 élèves!).

 

Enfin le « tout-numérique » confine à la farce quand les imprimantes sont achetées mais sans les cartouches nécessaires. Comme un symbole de l'éducation de demain.

 

Les lycéens de Mozart (St-Denis) dans la rue pour demander … le chauffage !

 

Si les enseignants de lycée manquaient à l'appel, ce n'étaient pas le cas des lycéens de Mozart, à Saint-Denis. Une cinquantaine d'entre eux étaient là, avec banderoles, tracts, réclamant … que le chauffage soit enfin rétabli dans les salles. Une conséquence incroyable des coupes dans les budgets des établissements, rognant sur les besoins les plus élémentaires des lycéens.

 

En tout cas, que 3 000 enseignants aient pu se rassembler ce mardi – en dépit d'un appel à la grève tardif, de l'absence de convergence avec les stratégies de division du pouvoir, de la concentration du mouvement sur 20 à 30 établissements – montrent que le potentiel de colère existe en région parisienne, dans le pays, pour inverser le rapport de force, faire reculer ce gouvernement.

 

Pas un établissement en éducation prioritaire ne doit sortir du dispositif ZEP/REP, les lycées doivent y rester. Surtout, les REP (+) ne doivent pas devenir les laboratoires de l'autonomie des écoles, collèges, lycées, qui signifierait la mort de l'ambition d'une éducation de qualité, publique et gratuite, pour tous, dans notre pays!

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