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Jeunesse Communiste Paris 15

70 ans après l'exécution de Corentin Celton : hommage au syndicaliste communiste, organisateur de la Résistance dans les services publics !

31 Janvier 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Histoire

Celton_Plaque-reduc.jpgIl y a 70 ans, le résistant communiste, syndicaliste Corentin Celton, était exécuté par l'occupant nazi :

 

hommage à l'organisateur de la Résistance dans les services publics

 

 

Corentin Celton n'est pas qu'un hôpital, ou une station de métro. Il a été un militant communiste, syndicaliste des hôpitaux et l'organisateur de la résistance dans le monde hospitalier, les services publics face à l'occupant nazi et ses collaborateurs français.

 

Au moment où le pouvoir revient un à un sur les acquis sociaux issus de la Résistance, au moment où les idées d'extrême-droite, au point de réhabiliter les horreurs du fascisme et du nazisme, il est bon de rappeler l'histoire de Corentin Celton, aussi celle de notre organisation communiste.

 

La rencontre entre un jeune ouvrier « immigré » et le Parti communiste

 

Corentin Celton était d'abord un ouvrier, originaire de Bretagne. A 12 ans, il est employé comme marin-pêcheur avant de venir travailler à 20 ans à Paris, où il est recruté comme préposé dans l'Assistance publique, affecté comme garçon de salle à l'Hôpital Saint-Antoine dans le 12 ème.

 

Enfant de l' « immigration bretonne », de ces ouvriers agricoles, marin-pêcheurs, paysans pauvres venus travailler à Paris dans les usines métallurgiques, les services publics, le rail, il va contribuer à organiser la solidarité entre ouvriers immigrés via l'association d'entraide des « Bretons émancipés de la région parisienne » qui aide les nouveaux arrivants à trouver un toit, un travail.

 

Mais le déclic sera son adhésion au Parti communiste en 1925, percevant dans la Révolution russe l'espoir d'une société libérée de l'exploitation capitaliste, du premier « Etat des ouvriers et paysans au monde ».

 

Il sera un militant actif du Secours rouge international (ancêtre du Secours populaire, chargé d'abord de la solidarité avec les prisonniers politiques, les victimes du fascisme) et des Amis de l'URSS.

 

Un militant puis responsable de la CGT dans le monde hospitalier

 

C'est surtout dans son activité militante sur le lieu de travail qu'il se distingue.

 

Militant syndical de la CGTU révolutionnaire, il se fait reconnaître par sa combativité, ses qualités d'organisateur, sa recherche de l'unité d'action la plus large, notamment dans son nouveau poste à Issy-les-Moulineaux, à l'Hôpital des Petits-ménages.

 

Cet hôpital des Petits-ménages porte aujourd'hui son nom, renommé à la Libération pour rendre hommage au sacrifice héroique de Corentin Celton.

 

Responsable syndical, il le devient pleinement dans la CGT réunifiée : secrétaire des employés municipaux de Paris en 1937, puis secrétaire de la Fédération des services publics en 1939, tout en étant en parallèle membre de la Commission administrative de la Bourse du Travail de Paris.

 

Au déclenchement de la Seconde guerre mondiale, en 1939, Corentin Celton est mobilisé comme infirmier, sur le front belge. Il se distingue par ces actes courageux au front, au point de se voir décoré de la Croix de guerre, même si la guerre se termine rapidement et qu'il retourne à l'hôpital.

 

L'organisateur de la résistance dans les services publics

 

Comme l'évoque le grand historien, résistant, Marc Bloch dès 1940, cette « Étrange défaite » ressemble plus à un « choix de la défaite » de la part de nos élites. Le mot d'ordre « Plutôt Hitler que le Front populaire », répandu dans la grande bourgeoisie française, devint une réalité.

 

Au lieu de faire la chasse aux fascistes, l'Etat français – rempli des collaborateurs de demain – lançait la chasse aux communistes : le Décret Sérol de 1939 interdisait le Parti communiste, internait ses dirigeants et menaçait tout militant de la condamnation à mort.

 

Faut-il rappeler qu'au moment du vote des pleins-pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940, les 60 députés communistes étaient en prison, ils auraient tous voté contre l'instauration d'une dictature réactionnaire au service des nazis. Mais 569 députés légaux ont voté « Pour ».

 

Parmi ces 569 députés, on trouvait 334 députés « de gauche » et surtout 86 députés du Parti socialiste (seuls 36 avaient voté contre).

 

Bon à rappeler à ceux qui parlent des « crimes du communisme ». Et le sang des résistants, des communistes, des patriotes, des juifs qu'ont les héritiers des partis dominants – du FN au PS – sur les mains, quand va-t-on en parler ?

 

Pour Corentin Celton, après le retour à l'Hôpital des Petits-ménages, c'est rapidement la clandestinité. L'Assistance publique le relève de ses fonctions en septembre 1940 pour « militantisme communiste ».

 

Pendant que le Régime de Vichy du Maréchal Pétain contribue à l'effort de guerre allemand, livre résistants et juifs à l'occupant, il donne la priorité à la chasse aux communistes.

 

Avec délégation de l'occupant nazi, la SPAC, une police anti-communiste dirigée par des miliciens d'extrême-droite pourchassent les résistants, les torturent, les internent dans des camps avant de les livrer à la Gestapo. Corentin Celton parvient pendant deux ans à leur échapper.

 

Sous le faux nom de Pierre Le Meur, il organise le lien entre CGT clandestine et Syndicat légal des hôpitaux, il organise les « Comités populaires des services publics » qui portent les luttes revendicatives, aident à faire la liaison entre la résistance des différents services publics.

 

Fusillé au Mont-Valérien, livré par le patron de l'Assistance publique !

 

Le 10 avril 1942, Corentin Celton est arrêté, livré par le directeur de son ancien hôpital Bergougnoux et par le directeur général de l'Assistance publique, Serge Gas, à la Gestapo.

 

Arrêté, jugé dans un premier temps à 3 ans de prison, il est re-jugé et condamné à mort au Mont Valérien, comme 1 015 autres résistants et otages. Une bonne part communistes comme le philosophe Georges Politzer, le colonel Joseph Epstein, l'ancien député Gabriel Péri, entre autres.

 

A ses côtés, ce 29 décembre 1943, on retrouvait Marcel Blanchet, mécanicien, Maurice Couderchet, Eugène Kuntz, chauffeur automobile, René Laprade, maçon, René Lenoir, ouvrier du bâtiment, Edouard Maury, égoûtier, Marc Vieville, plombier couvreur.

 

Tous ouvriers, tous communistes, tous dirigeants syndicalistes.

 

Peu de banquiers, d'industriels, de nantis parmi les martyrs de la Résistance. Comme le disait l'écrivain catholique de droite François Mauriac: « Seule la classe ouvrière, dans sa masse, aura été fidèle à la nation profanée ».

 

Elle l'a été aussi par l'action du Parti communiste, de la CGT, incarnées dans le sacrifice de milliers de militants, ouvriers, paysans, employés, étudiants, lycéens, morts pour une France libérée de l'occupant, libérée de ceux qui l'avaient vendu au nom de leurs intérêts de classe.

 

Au moment de sa mort, Corentin Celton disait : « « J’ai lutté pour un monde meilleur, et cela restera ma fierté au moment où je vais payer de ma vie mon attachement à mon idéal politique. Il ne me coûte pas de mourir puisque j’ai la certitude que la France vivra ».

 

Le combat de Corentin Celton est toujours actuel, c'est le nôtre

 

Ce combat est encore pour le nôtre. C'est d'abord un combat pour l'histoire.

 

Le Parti communiste fut le parti de la classe ouvrière, du Front populaire, de la Résistance, des luttes anti-coloniales, du patriotisme et de la solidarité internationale, pendant que la droite, le Parti socialiste faisaient le choix en masse (avec toujours des exceptions glorieuses) des guerres coloniales et de la collaboration patronale avec l'occupant.

 

Combat actuel à faire vivre au moment où on revient méthodiquement sur les acquis du Conseil national de la Résistance (CNR) réunissant toutes les forces sociales, nationales, sous forte influence communiste.

 

Le gouvernement de la Libération a fait voter la Sécurité sociale (grâce au ministre communiste Ambroise Croizat), la nationalisation de l'énergie (grâce au ministre communiste Marcel Paul), de Renault, des mines, l'Education nationale publique pour tous, le statut de fonctionnaires : tous ces acquis des travailleurs français aujourd'hui remis en cause par un patronat revanchard.

 

Un ancien vice-président du MEDEF, l'organisation patronale, disait qu'il souhait revenir sur toutes les conquêtes de la Résistance, les acquis du CNR. Cette casse sociale, cette revanche sur l'histoire, ce que fait aujourd'hui François Hollande, aux ordres du MEDEF.

 

Rendre hommage à Corentin Celton aujourd'hui, c'est mener la lutte pour la défense de la Sécurité sociale, la défense de l’Éducation nationale publique, la défense de la SNCF et d'EDF comme monopoles publics, la défense des salaires des travailleurs contre la déclaration de guerre lancée par le patronat, via son commis du moment François Hollande.

 

Comme le disait Ambroise Croizat, ministre à la Libération, père de la Sécurité sociale, syndicaliste et communiste : « Je préfère parler de conquêtes sociales plutôt que d'acquis, car le patronat ne désarme jamais »

 

photo-commemor-celton.jpgC'est le sens de l'hommage rendu ce matin, vendredi 30 janvier, par l'Union syndicale CGT de l'AP-HP et le syndicat de l'hôpital. C'est le sens du message porté par les militants de la JC du 15 ème présents, devant le parvis de l'hôpital à Issy.

 

 

Que vive Corentin Celton, que vive son combat, celui des communistes pour une France libérée des exploiteurs, des collaborateurs à l'agenda de casse sociale et de désastre national !

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