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Jeunesse Communiste Paris 15

Après dix ans de social-libéralisme à Paris … pas de caution de gauche à des politiques de droite !

21 Mars 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Politique

hidalgo-hollande-delanoe.jpgAprès dix ans de social-libéralisme à Paris …

 

pas de caution de gauche à des politiques de droite !

 

 

 

Non au Paris ghetto de riches !

 

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

Loyers exorbitants, « emplois sans avenir » à la Mairie, services privatisés, expulsion de nos quartiers : depuis 2001, nous avons subi les effets de politiques « de droite » nationales, régionales mais aussi municipales

 

Entre les candidats présentés comme légitimes par les médias dominants, la différence est infime. Au moment où nous subissons la politique de droite de Hollande, pas question de lui apporter la moindre caution à Paris, laboratoire du social-libéralisme depuis 2001 !

 

Jeune travailleur, comment vivre dans le Paris des spéculateurs ?

 

Comment vivre à Paris aujourd'hui quand on est un jeune travailleur ? C'est impossible.

 

Les loyers ont augmenté depuis 2001 de 58 %, le prix moyen au m2 à Paris est de 23 €, cela fait 660 € pour un studio de 20 m2. Et on ne parle pas que du 15 ème, les différences sont faibles avec le 18 ème, ou le 20 ème. Les spéculateurs créent l'égalité face à la flambée des prix !

 

Mais que peut bien faire la Mairie de Paris ? Beaucoup ! C'est elle qui gère les PLU (Plans locaux d'urbanisme), contrôle les opérations immobilières, planifie la construction de logements sociaux.

 

C'est autre chose qu'elle a fait avec ces méga-opérations immobilières comme Les Halles, Beaugrenelle, bientôt la Tour Triangle qui construisent des bureaux plutôt que des logements, enrichissent les promoteurs et chassent les habitants des classes populaires.

 

Il y a actuellement 130 000 personnes qui attendent un logement social à Paris. Exactement le nombre de logements vides dans la capitale. Pourquoi ne pas les réquisitionner ?

 

Il y a 6 à 10 millions de bureaux vides dans la région, l'équivalent de 250 000 logements. Pourquoi ne pas construire des logements sociaux à la place ?

 

La mairie n'a-t-elle pas déjà fait assez nous dit-on ? Elle avance 60 000 constructions de logement depuis 2001, bien plus que la droite. Ce qui n'est pas difficile mais reste une avancée. Mais les chiffres sont trompeurs.

 

La moitié des 30 000 logements du « parc social de fait » (les loyers très modérés de type 1948, le parc social des entreprises publiques) ont été liquidés entre-temps, tandis que 17 000 de ces « HLM » sont en fait des PLS : des logements réservés aux classes moyennes, à des tarifs « intermédiaires », du 700 € le 2 pièces, ce n'est plus du loyer modéré !

 

Et ce qu'il reste, c'est la plupart des « acquisitions », « réhabilitations » d'immeubles qui étaient déjà dans le parc social : dans le 15 ème, on a la réhabilitation du foyer Sonacotra de la rue de la Procession, des immeubles SNCF de la rue Bertillon ou de la Caisse des mines rue de Lourmel. Que des immeubles sociaux rachetés par la ville de Paris, sans création de logement !

 

Résultat, aujourd'hui, nous, Parisiens, payons les loyers les plus élevés d'Europe (avec ceux de Londres). Nous, jeunes Parisiens, subissons les tarifs les plus élevés pour les petites surfaces au m2, n'avons pas accès au logement social ou universitaire ...

 

pendant que le promoteur immobilier Gecina, responsable de la plupart des projets de spéculation sur Paris faisait 350 millions d'€ de profit en 2013 sur notre dos grâce aux contrats concédés par la Mairie de Paris !

 

La privatisation de notre ville : « Paris, ville à vendre ! »

 

Qu'a fait la mairie de ses « services municipaux » ?

 

Pour la collecte des déchets, désormais elle est majoritairement privatisée depuis 2008. Jusque-là, 9 arrondissements étaient sous contrôle public, 8 privé et 2 mixtes.

 

En 2008, la Mairie de Paris a fait basculer quatre arrondissements (III ème, IX ème, XVI ème, XIXème) sous gestion privée, malgré la colère des agents et des riverains.

 

Pour l'eau, depuis 2010, la distribution de l'eau jusque-là concédée par contrat à deux opérateurs privés (Veolia, Suez) est passée sous « régie publique », une entreprise publique industrielle et commerciale (EPIC) : Eaux de Paris (EdP)

 

Toute avancée vers une gestion publique est un progrès, réalisée par Delanoe à Paris … ou au même moment par Alain Juppé à Bordeaux ou Christian Estrosi à Nice.

 

En effet, pour ses maires de droite, c'est une question de bon sens : les contrats délégués aux opérateurs privés coûtent en moyenne 25 % plus chers, autant d'économies dans le budget municipal.

 

Les usagers ne verront pas forcément une différence à la consommation. La mairie hérite d'un réseau qui nécessite des investissements lourds, elle ne promet que le gel des tarifs (en dépit d'une baisse symbolique de 8 % en 2011) … qui ont augmenté de 500 % depuis la privatisation, en 1985.

 

Du côté des travailleurs de l'eau, seuls 228 des 512 employés de Veolia et Suez ont été recasés dans EdP, l' « harmonisation des statuts » a conduit à remettre en cause des avantages sociaux des contrats privés et le statut protecteur des fonctionnaires. Pour tous, cela a été synonyme d'intensification du travail.

 

Enfin, la « municipalisation » est loin d'être complète puisque les services de nettoyage, de travaux, de gardiennage sont encore confiés au privé, via des contrats de sous-traitance.

 

Pour la culture, les musées de la ville de Paris sont gratuits depuis 2001, une mesure positive … mais cette mesure est remise en cause par la décision en 2013 de transférer ces musées d'une gestion « municipale » vers une gestion « autonome » où tout le monde est perdant.

 

Le service public puisque les musées peuvent désormais lever des fonds privés (via des fondations), être « privatisés » pour des entreprises.

 

Les personnels, dont le statut de fonctionnaire est remis en question, subissent déjà des attaques sur leurs droits, leurs salaires, l'extension des horaires tardifs, et même la privatisation de la médecine du travail !

 

Les usagers, pour qui le principe de la gratuité risque d'être à terme – au nom de la rentabilité – remis en cause, l'accès aux salles puisqu'en 2013 les musées de la ville de Paris ont battu leur record … du nombre de salles fermées faute de personnel pour l'entretenir.

 

Ainsi à Carnavalet, pendant les fêtes, seules 2 salles étaient ouvertes au public !

 

Pour les transports, on résume parfois les 12 ans de Delanoe aux « Velib », « Autolib ». Quelle meilleur symbole de la privatisation de la ville que ces moyens de transport individuels, dont les contrat sont confiés respectivement au publicitaire J.C Decaux et à l'ami de Sarkozy Bolloré !

 

La Mairie de Paris a choisi même, en 2013, pour la première fois, de concéder une ligne de bus au privé, dans le 15ème, contre l'opérateur public la RATP. Une première qui ouvre la voie à la mise en concurrence, à la privatisation du réseau de transport parisien.

 

Pour la petite-enfance, la Mairie avance la création de 10 000 places depuis 2001. Elle a hérité des choix calamiteux de la mairie précédente, du « baby-boom » des années 2000 (2 000 enfants de plus depuis 2000).

 

C'était une nécessité de créer quelques milliers de places, quand la majorité des enfants de moins de 3 ans n'ont pas accès à la crèche : seules 30 000 places accessibles pour 75 000 enfants à Paris.

 

Toutefois, outre le fait que la moitié sont en fait des « crèches associatives » (souvent religieuses, communautaires) subventionnées par la Mairie, ces créations de places sont encore largement insuffisantes, surtout qu'il n'y a aucune création de postes pour encadrer les enfants.

 

Résultat, face au manque de personnel, au manque de places, de plus en plus de familles doivent se tourner vers le privé. Les « crèches privées » à but lucratif inexistantes avant 2001 pullulent depuis.

 

Si on prend seulement les 6 plus grands groupes (Babilou, Les Petits chaperons rouges, la Part de rêve, Crèches de France, Biocrèche, Crèches et malice) : ils contrôlent 64 crèches sur Paris, pour une moyenne de 50 enfants par établissement, on en est déjà à plus de 3 000 places de crèches, pour une partie seulement de ce marché lucratif !

 

Pour la santé, enfin, Paris subit les plans de restructuration nationaux, la casse des Hôpitaux publics de Paris, mais aussi de l'offre en termes de centres de santé locaux.

 

La mairie de Paris, hélas, accompagne et accélère cette casse : par la fermeture de centres de santé municipaux (comme dans le XI ème et le XVII ème), de centres IVG (comme celui de Tenon dans le XX ème) ou chez nous par des opérations de spéculation immobilière qui conduisent à la fermeture des centres de santé, dans le XV ème, de Balard et Beaugrenelle.

 

Jeune travailleur précaire à la Mairie de Paris : « emplois sans avenir »

 

Pour tous les personnels, le passage à une mairie « de gauche » n'a pas changé grand-chose, elle a même dégradé les conditions de travail : le sous-effectif, l'allongement des temps de travail, la mise en concurrence des salariés sous différents statuts les uns contre les autres

 

Les grèves se multiplient, surtout depuis 2008 dans le nettoiement, la culture, la petite-enfance, le sport, le personnel des écoles : tous ont le ras-le-bol de subir la politique d'austérité de la ville, le gel des salaires, les horaires flexibles, la dégradation de leurs conditions !

 

Pour les jeunes, la Mairie est le laboratoire de la précarité : 20 000 personnels sont non-titulaires, généralement en contrat précaire : CDD, emplois aidés, vacations, CDI à temps partiel. Les premiers virés pour équilibrer le budget !

 

La Mairie recrute maintenant massivement des lycéens, étudiants, jeunes travailleurs par « stages » : à l'heure où nous écrivons, c'est plus de 600 stages qui sont proposés depuis début 2013 dans l'eau, l'habitat, la culture.

 

Une aubaine … pour la mairie qui n'est pas forcé de payer tout stage de moins de deux mois (la moitié des stages proposés), et qui ne peut payer que 12,5 % du SMIC pour les autres, soit entre 100 et 200 €. On est quasiment du bénévolat !

 

Et bien entendu la Mairie de Paris a été pionnière dans les « emplois d'avenir », ces contrats aidés, faux CDI, en réalité des CDD de 3 ans pour les moins de 25 ans : permettant d'exploiter un jeune travailleur, sans perspective d'embauche, tout en touchant les aides de l'Etat. La Mairie en a déjà créé 300 dans l'animation, les espaces verts, la petite enfance.

 

Pour les statutaires, l'introduction de personnels non-titulaires permet de peser sur eux. Deux-tiers des personnels sont catégorie C, souvent autour du SMIC, ils subissent le gel des salaires mais aussi la « polyvalence » : faire des tâches de cadre catégorie B et A, responsabilités et qualifications correspondantes, pour une paye de fonctionnaire catégorie C !

 

Et c'est pas fini ! Ces derniers mois, Delanoe et Hidalgo ont profité des réformes nationales pour avancer l'idée d'un élargissement du travail de nuit pour les personnels des musées (pas seulement pour la nuit blanche!).

 

Hidalgo, elle, a proposé d'élargir le périmètre des « zones touristiques » dans lesquels les salariés parisiens devront travailler le dimanche.

 

Paris, laboratoire du social-libéralisme : la ville des riches, pas pour nous !

 

Que ce soient sur les stages, la précarité, le travail le dimanche, l'externalisation-privatisation, le soutien à la spéculation immobilière, la casse de la fonction publique : la mairie de Paris a été le laboratoire du social-libéralisme qu'Hollande applique désormais au niveau national.

 

Il suffit de voir comment M.Delanoe et Mme Hidalgo ont appliqué avec zèle la « réforme des rythmes scolaires », malgré l'opposition des parents, des enseignants, des personnels liés aux activités péri-scolaires.

 

La réforme ne profite – comme pour la petite-enfance – qu'aux entrepreneurs bien décidés à profiter du marché des activités péri-scolaires !

 

Sur la métropolisation, le projet de « Grand Paris » d'Anne Hidalgo, c'est faire une grande métropole mondiale « compétitive » comme New York ou Londres, une ville globale belle, privatisée, mais évacuée de ses pauvres.

 

En quinze ans, Paris s'est encore embourgeoisée (« gentrifiée »), les pauvres expulsés du centre sont désormais à la porte de Paris, en proche banlieue, de plus en plus expulsés en grande banlieue :

 

par la loi « naturelle » du marché, en fait la politique municipale et étatique de soutien au marché de l'immobilier, à coups de construction de bureaux plutôt que de logements, d'aides publiques (type APL) favorisant la spéculation !

 

Hidalgo veut faire un « Grand Paris » à l'image du « Grand Londres ». A Londres, aujourd'hui, tous les pauvres ont été expulsés du centre, les tarifs des transports en commun (largement privatisés) sont deux fois plus chers qu'à Paris, les loyers encore plus élevés.

 

C'est cela, notre modèle, une ville façonnée pour les financiers de la City et du CAC 40 ? Non ce Paris-là n'est pas le nôtre !

 

Comme pour les présidentielles de 2012, nous n'avons hélas aucune illusion : l'élection municipale ne va pas changer grand-chose.

 

Avant, pendant et après, nous serons toujours, dans nos quartiers, nos lieux de travail et d'étude aux côtés des jeunes travailleurs parisiens (actuels ou futurs) qui subissent cette « politique de droite », en faveur des spéculateurs et non des gens, aux côtés des syndicats – d'abord la CGT –, des associations de quartier qui refusent cette politique, luttent pour la changer.

 

Entre-temps, que chacun vote pour la politique qu'il estime la plus à même de porter une « politique de gauche », dans les intérêts des travailleurs.

 

Et que l'on choisisse le moindre mal, sans illusion !

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