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Jeunesse Communiste Paris 15

Des centaines de jeunes instits stagiaires privés de salaire et réduits aux bons alimentaires dans le 93. Est-ce ainsi que les profs vivent ?

29 Novembre 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Education

bons-alimentaires.jpgDes centaines de jeunes profs stagiaires réduits aux bons alimentaires dans le 93, sans salaire depuis septembre !

 

Article pour http://www.jeunescommunistes-paris15.fr/

 

Est-ce ainsi que les profs vivent ? Non content de baisser le salaire des enseignants du secondaire, le Ministère a réduit des centaines d'instituteurs aux bons alimentaires, ne versant pas de salaire depuis septembre. Dans un département où l’Éducation est sacrifiée.

 

Être fonctionnaire et dépendre des bons alimentaires ? On n'est pas dans un pays du Tiers-monde, mais en France. En Seine-Saint-Denis, 230 enseignants du primaire n'étaient toujours pas payés à la fin du mois d'octobre.

 

La plupart sont des stagiaires – donc des lauréats du concours, nouveaux entrants dans la fonction publique. D'autres sont des contractuels, recrutés pour pallier le déficit critique d'enseignants.

 

La direction académique encourage les profs à demander des bons alimentaires !

 

Selon les syndicats du département, il est fréquent que le Ministère verse les salaires avec un léger décalage. Elle versait néanmoins un acompte de 75 % en septembre, avant de régulariser en octobre. Cette année, ces enseignants se sont retrouvés pendant deux mois sans aucun salaire.

 

La réponse de la direction académique de Bobigny ? S'ils n'ont plus de gagne-pain, qu'ils demandent des bons alimentaires. Une proposition qui a indigné les enseignants.Est-ce ainsi qu'ils vont payer leur loyer ? Est-ce ainsi que l'on « encourage les vocations » ?

 

Depuis, la situation ne s'est qu'à peine améliorée. La majorité des enseignants ont reçu un acompte de 1 000 € (donc 500 € par mois!). Mais une trentaine n'a toujours rien reçu à la fin novembre, vivant dans la précarité la plus extrême.

 

Les syndicats ont dénoncé cette situation humainement scandaleuse. La FSU en particulier l'a articulée au manque total de moyens pour le département, sacrifiant l'éducation des enfants, les conditions de travail des enseignants.

 

Alors que le département de Seine-Saint-Denis accueille 2 500 élèves de plus chaque année, il y avait 450 postes manquants à la rentrée. Selon les syndicats, avec les coupes des années précédentes, ce sont 2 000 postes d'enseignants qui manquent, pour le seul primaire.

 

La grève du 20 novembre massivement suivie. Un ras-le-bol général

 

La FSU a d'ailleurs lancé une journée de grève départementale le 20 novembre dernier autour de revendications répondant aux attentes des personnels, impliquant enseignants du primaire et du secondaire.

 

Les grands axes de mobilisation étaient la création massive d'emplois pour répondre aux besoins, augmentation des salaires, revalorisation et défense du concours et du statut de fonctionnaire face à la contractualisation de la profession.

 

Malgré les difficultés à boucler les fins de mois, les enseignants ont massivement suivi le mot d'ordre, avec une centaine d'établissements fermés en Seine-Saint-Denis, plus de 50 % des enseignants en grève dans le primaire, 30 % dans le secondaire.

 

Certaines villes, en manque criant de moyens, ont connu des pics de mobilisation : 87 % à la Courneuve, 80 % à Saint-Denis. A Saint-Denis seul, 40 écoles sur 63 étaient .

 

Le rectorat démarche les remplaçants … par téléphone !

 

Symptôme de la faillite organisée de l'Education nationale, le Rectorat – faute de personnel disponible – a du mettre en place des séances de « phoning » (démarchage par téléphone) pour recruter des volontaires pour aller enseigner dans les écoles du 93. On croit rêver !

 

La FSU, comme les autres syndicats, insistent bien :les personnels administratifs sont eux-mêmes dépassés. 5 personnes doivent gérer 1 500 dossiers. Au-delà du manque de moyens humains, elles ne sont plus en état d'ajuster au mieux les moyens aux besoins.

 

Et sur le terrain, les élèves en difficulté n'ont plus l'encadrement nécessaire à leur réussite, contredisant les slogans hypocrites du ministère.

 

La moitié des postes liées au RASED (Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté), les psychologues, éducateurs, ont été supprimés depuis 2007. Le gouvernement Hollande n'a pas inversé la tendance, il l'a accompagnée.

 

Le ministère prétend ne pas avoir les moyens de répondre à ces exigences. Hypocrisie. Faute de mener la guerre contre la progression de l'analphabétisme dans nos banlieues, contre la fabrique de l'échec scolaire, on mène la guerre à l'étranger dans des combats douteux.

 

600 millions de plus pour les guerres, il suffirait de 40 millions pour le 93 ...

 

Le gouvernement a accordé une rallonge de 600 millions pour les « Opérations extérieures » au Mali, en Centrafrique, comme en Libye hier. Des guerres pour le pétrole, les intérêts de nos grandes entreprises, pas de la démocratie qu'on ne soutient nulle part en Afrique, ni de la lutte contre le terrorisme qu'on a favorisé en Libye, en Syrie.

 

En tout, ces Opérations extérieures ( = ces guerres) nous auront coûté directement 1,5 milliard d'euros en 2014. Indirectement, si on y ajoute les frais fixes, cela fait le double.

 

Combien coûterait le recrutement d'au moins 2 000 enseignants en Seine-Saint-Denis pour mener la guerre pour l'éducation ici ? Le salaire annuel d'un nouveau professeur reviendrait maximum à 20 000 €. 2 x 20 000 € = 40 millions d'euros.

 

Soit 15 fois moins que ce que le rab qu'on vient d'accorder aux marchands de canon comme Dassault, Thalès, aux rapaces qui nous poussent à la guerre, les Areva, Total et autres.

 

Ce gouvernement déclare la guerre contre les enseignants, jeunes ou moins jeunes, contre notre conditions d'éducation, de vie et de travail. Il est temps de préparer les conditions de la contre-attaque dès le début de l'année !

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