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Jeunesse Communiste Paris 15

Entretien avec Gabriel Nadeau-Dubois, leader du mouvement étudiant québécois : « La meilleure des solidarités avec notre mouvement, c'est de mener la lutte aussi ailleurs »

20 Juin 2012 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Solidarité internationale

600_classe_spokesperson_cp_120522.jpgEntretien avec Gabriel Nadeau-Dubois, leader du mouvement étudiant québécois

 

« La meilleure des solidarités avec notre mouvement, c'est de mener la lutte aussi ailleurs »





Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/





Gabriel Nadeau-Dubois est le porte-parole de CLASSE (Coalition large de l'ASSE), une des organisations-clés du mouvement de grève étudiant que connaît le Québec. Etudiant à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), il a été élu Secrétaire à la communication de l'ASSE en avril 2010, et est devenu co-porte-parole de CLASSE, avec Jeanne Reynols, cette année-là. Depuis le début de la grève étudiante au Québec de 2012, il est devenu la voix de l'aile-gauche du mouvement étudiant, une personnalité médiatique, et un symbole de la résistance contre le gouvernement. Une disposition particulièrement vicieuse de la Loi 78 a été renommée « clause Gabriel Nadeau-Dubois » car elle permet à la loi de se greffer sur des accusations déjà existantes, et il a déjà des charges contre lui qui pourraient lui valoir une amende de 50 000 $ ou un séjour en prison si il était déclaré coupable.



People's Voice, organe du Parti communiste du Canada, a interviewé Gabriel Nadeau-Dubois à la sortie du dernier congrès de CLASSE





Sur quoi ont porté les travaux de votre Congrès ?



Le principal débat, en tant qu'organisation, c'était de savoir si nous voulions défier publiquement cette loi ? Voulons-nous respecter cette loi ? Si nous voulons la défier, comment ? C'est un congrès important, une décision importante pour le mouvement étudiant que de décider de se mettre ouvertement hors-la-loi.



Pouvez-nous dire quelques mots sur cette loi ?



Je pense que c'est la dernière carte du gouvernement pour arrêter notre mouvement. Ils ont essayé de nous diviser, ils ont usé de la brutalité policière, il ont réalisé des offres médiatiques espérant que les étudiants dans les assemblées générales arrêteraient la grève, et ils encouragent les étudiants qui sont contre la grève à demander des injonctions devant les tribunaux pour forcer les enseignants à donner cours. Toutes ces tentatives ont échoué. Donc, désormais, le gouvernement essaie désespérément de tuer le mouvement au moment où il se renforce.



Pouvez-vous nous expliquer votre slogan – grève étudiante, lutte populaire ?



Nous sommes partis sur cette question particulière de la hausse des frais de scolarité, mais rapidement les étudiants ont commencé à parler dans les AG sur le fait que la hausse des frais s'inscrivait dans une vague bien plus large de réformes néo-libérales, pas seulement au Québec mais dans le monde entier. Nous avons de plus en plus de citoyens venant à nos manifestations et qui ne sont pas étudiants. Nous avons lancé un appel aux travailleurs afin qu'ils nous rejoignent, et ça a marché – travailleurs, citoyens, populations des quartiers, jeunes non-étudiants. La grève porte sur la possibilité pour les mouvements sociaux de continuer à contester les décisions du gouvernement... Cela a donné naissance au mot d'ordre selon lequel la grève est une question étudiante mais une lutte qui concerne tout le monde.



Qu'est-ce que la Coalition de la Main Rouge ?



On l'a fondé il y a trois au moment du budget Bachand, le premier budget qui s'est réellement attaqué aux services publics, dans un climat de terreur et de privatisations. Dans le même budget, nous avions la hausse des frais, et l'imposition d'une taxe annuelle sur la santé de 200 $ par citoyen. Cette vaste coalition a été créé, regroupant le mouvement étudiant, les syndicats d'enseignant et de la santé, les associations de quartier, pour protester non seulement contre ces mesures spécifiques mais aussi contre la vision de la société et de l'Etat qui se trouvait au cœur de ce budget. Depuis, il s'agit du principal lieu de coordination des mouvements sociaux.



De quel soutien avez-vous besoin de la part du Canada anglophone ?



Au Québec, nous avons un mouvement étudiant très actif. Le meilleur soutien que nous puissions avoir, c'est que les étudiants ailleurs au Canada et dans le monde se mobilisent contre les hausses des frais. Nous l'observons de plus en plus, et nous recevons de plus en plus de courriers, mails et appels téléphoniques allant dans ce sens.

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