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Jeunesse Communiste Paris 15

L'IVG est une conquête à défendre, l'accès matériel reste un combat : des moyens pour la santé publique !

2 Février 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Education

planing.jpgL'avortement, un acquis ? Non une conquête à défendre !

 

Centres IVG, contraception remboursée, service public hospitalier

 

des moyens pour la santé publique, pour reprendre le contrôle de nos vies !

 

 

Article pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le « droit à l'avortement » n'est pas qu'un combat en Espagne, il est menacé aussi en France. Au-delà des déclarations hypocrites de notre gouvernement, la casse de la santé publique rend l'accès à l'avortement et à la contraception de plus en plus difficile.

 

Le « droit à l'avortement » est plus actuel que jamais, dans une société où la précarité économique règne pour les jeunes femmes, la désinformation sur la sexualité et la contraception est encore massive. 90 000 jeunes femmes de moins de 25 ans y ont recours par an, dont 15 000 mineures.

 

L'avortement, une question de classe

 

Les médias aiment à présenter l'avortement comme un acte de « confort », un luxe de bourgeoises qui avortent comme on se fait une pédicure, pour mieux remettre en cause ce droit. Cette minorité réelle ou imaginaire cache une autre réalité plus massive, plus douloureuse.

 

Pour beaucoup de femmes, issues des classes populaires, c'est la panique, une souffrance, un drame. Mal informées sur les contraceptifs, subissant la pression de la famille, le traitement froid de certains membres du corps médical, c'est le dilemme autour d'un être en devenir

 

On n'est pas égales face à ce dilemme. Pour celles qui subissent la précarité, le chômage, les loyers exorbitants, les déremboursements, le choix n'est pas un : avorter devient une dure nécessité.

 

Pour ces femmes, avorter est un parcours du combattant, avec les délais à rallonge. Avec le manque de moyens pour la santé publique, il faut compter 4 à 6 semaines avant une opération. 5 000 femmes ont dépassé l'an dernier le délai légal (12 semaines) en ayant fait leur demande à temps.

 

Pour la poignée de privilégiées, il y a toujours une solution : c'est avorter à l'étranger, ce sont les cliniques privées en payant très cher. Pour les autres, c'est un enfant non-voulu ou le recours aux méthodes barbares d'avortement.

 

Défendre la santé publique menacée, c'est défendre l'accès à l'avortement !

 

A quoi sert le « droit à l'avortement » si on ne peut l'exercer ? 170 centres IVG ont fermé en dix ans, les centres du « planning familial » sont menacés par les coupes budgétaires, dans leur mission d'orientation, d'information mais aussi dans les consultations, le suivi des jeunes femmes.

 

La Loi Bachelot de 2010 a conduit à la fermeture des hôpitaux de proximité, des centres médicaux de santé, des centres IVG pour les regroupés dans des hôpitaux-usine dédiés au chiffre, oubliant le patient, où les actes d'avortement sont délaissés, sans personnel médical dédié ni suivi.

 

La loi Bachelot, c'est aussi la « tarification à l'activité », la logique de la rentabilité dans l'hôpital public, la mise en concurrence des hôpitaux publics avec les cliniques privées.

 

Or, l'acte d'avortement est coûteux, peu rentable, demande beaucoup trop d'examens et de consultations. Résultat, les hôpitaux publics le découragent (en allongeant les délais), les cliniques privées ne les prennent pas en charge.

 

Défendre la Sécurité sociale, c'est défendre l'accès à la contraception !

 

L'avortement reste pour nous un dernier recours, la contraception la norme. Pourquoi tant de jeunes femmes ne sont pas au courant des différents contraceptifs, ne peuvent pas choisir celui qui leur correspond le mieux, à différents stades de leur vie ?

 

Défendons une vraie politique publique d'information, d'éducation et d'orientation avec au cœur les Centres du planning familial, dont les moyens sont réduits d'année en année.

 

Défendons le remboursement à 100 % des contraceptifs, défendre aussi la nationalisation de l'industrie pharmaceutique, c'est une nécessité même de santé publique, au moment où les pilules de 3 ème et 4 ème génération émises par les labos Bayer se révèlent être des dangers mortels !

 

Hypocrisie du gouvernement, quand tu nous tiens !

 

Le gouvernement cherche à masquer son adhésion à des « politiques de droite » par quelques mesurettes sociétales … qui lui servent aussi à organiser une opposition d'extrême-droite, qui renforce sa propre « position de gauche ».

 

Sur l'avortement, c'est « beaucoup de bruit pour rien ». Que l'acte d'avortement soit remboursé à 100 %, c'est bon à prendre. Mais à quoi cela peut-il bien servir, si le gouvernement continue à laisser fermer nos centres IVG, nos centres de santé, nos hôpitaux publics ?

 

Il suffit de penser les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la Maternité des Lilas, l'Hôtel-Dieu ou encore Bichat. Dans le 14 ème, Broussais et Saint-Vincent de Paul – à la pointe dans l'aide aux femmes enceintes – ont fermé en 2010 dans le cadre des fusions-restructurations.

 

Dans le 15 ème, nos centres de santé de quartiers de Balard et Beaugrenelle sont victimes de la politique de spéculation immobilière, encouragée par l’État la mairie de Paris socialiste, sacrifiés sur l'autel du « Pentagone à la Française » et du tout neuf centre commercial Beaugrenelle !

 

Le gouvernement peut bien créer un « Ministre pour le Droit des femmes », François Hollande aller se prostituer pour une poignée de dollars en Arabie saoudite et laisser Mme Vallaud-Belkacem prétendre qu'entre le commerce avec le Qatar et la défense du droit des femmes, il n'y a pas de contradiction. Hypocrisie quand tu nous tiens !

 

Que sont les « droits des femmes » quand les femmes sont encore payées 25 % de moins, qu'elles subissent de plein fouet les temps partiel et les CDD ; quand elles subissent les mauvais coups du gouvernement : la hausse de la TVA et le gel des salaires, la précarisation y compris dans le public.

 

Défendre le droit des femmes, c'est aussi avoir le choix entre garder son enfant et avorter.

 

Donc donner des moyens pour une vraie politique publique de la petite-enfance, avec des crèches publiques accessibles à tous. C'est aussi donner des moyens aux mères pour vivre avec leur enfant, donc augmenter les salaires, mettre fin aux temps partiels subis.

 

L'avortement reste un combat, menons-le de front avec des revendications crédibles qui doivent faire de ce « droit » une réalité !

 

 

  • Abrogation de la loi Bachelot, pour des centres de santé de proximité, pour un hôpital public sans logique du chiffre ! Fin des « hôpitaux-usine », fin de la « tarification à l'activité », fin de la concurrence entre hôpitaux publics et cliniques privées !

     

  • Défendre et ré-ouvrir progressivement les centres IVG fermés depuis 2000 : des secteurs consacrés aux IVG ;

     

  • Le remboursement à 100 % de tous les actes, médicaments, dont les contraceptifs :

 

  • Nationalisation de l'industrie pharmaceutique : en France, un géant mondial comme Sanofi licencie à tour de bras, livre des médicaments hors de prix et parfois dangereux pour la santé, fait financer ses recherches par l'Etat (via l'université) : exigeons sa nationalisation, pour que ce secteur vital passe sous contrôle populaire !

     

  • Pour les femmes, égalité-salariale, SMIC à 1 700 € pour tous, fin des contrats précaires : exigeons un SMIC à 1 700 € pour tous (c'est possible, si on se partage les 80 milliards de profits du CAC 40 de récupérer 500 € chacun par mois!), la fin des contrats précaires, des temps partiels subis. Exigeons l'égalité salariale, garantie notamment dans la fonction publique grâce au statut de fonctionnaire, qu'il faut défendre !

     

  • Pour une politique publique de la petite enfance : pour que le choix entre garder son enfant et avorter soit réellement un choix, créer massivement des structures d'accueil pour la petite enfance, des crèches publiques et gratuite à la place des jardins d'enfants payants. Former des professionnels, créer des structures collectives pour combler le manque de 500 000 places en crèche !

 

Encadré 1 : En Espagne, en 2014, on revient sur le droit à l'avortement … en 1917, le premier Etat à légaliser l'avortement était l'Union soviétique, le communisme reste une idée neuve !

 

Le saviez-vous ? Mais le premier pays qui a accordé l'égalité homme-femmes complète, qui a fait de l'avortement non seulement un acte légal, gratuit mais aussi un service public, c'était l'Union soviétique, dès 1918.

 

Au même moment, en France, l'avortement est un crime et le restera jusqu'en 1975. En URSS, le « Code sur la famille » de 1918 garantit la libération de la tutelle des hommes sur les épouses et les filles, le droit au divorce après mariage civil.

 

Surtout le droit ne reste pas formel, il devient réel grâce à un Code du Travail qui garantit des pauses payées pour alimenter les enfants, la restriction du travail nocture et des heures sup, le développement de crèches puis de cantines sur le lieu de travail sans oublier le « Congé maternité » de huit semaines, payé, à l'époque une vraie révolution.

 

C'est sous l'impulsion de Lénine que le 8 mars devient en URSS – initiative reprise à l'ONU dans les années 1970 – Journée de la femme (travailleuse).

 

 

Fourier (repris par Marx) disait que :« Le degré de l'émancipation féminine est la mesure naturelle du degré de l'émancipation générale ». En ce sens, si l'Espagne de 2014 marque le point le plus bas de l'émancipation générale, l'Union soviétique de 1917 reste une référence étonnante!

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