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Jeunesse Communiste Paris 15

Les jeunes communistes rendent hommage aux déportés-résistants du 15ème et échangent avec un déporté communiste de Buchenwald

20 Mai 2012 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Histoire, #Fascisme

deportation (2)Les jeunes communistes rendent hommage aux déportés-résistants du 15ème et échangent avec un déporté communiste de Buchenwald

 

Compte-rendu pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

Ce dimanche 29 avril, pour le jour des déportés, comme chaque année, les communistes étaient présents à la cérémonie-hommage aux résistants-déportés du 15ème. Une cérémonie présidée par les associations d'anciens combattants, assistées des représentants de la mairie du 15ème ainsi que de la mairie de Paris.

 

Cette année est particulière après ce 22 avril 2012 qui a vu la progression des idées de la droite extrême. Les jeunes communistes ont apporté leur contribution, dans le plus strict respect de l'esprit unitaire de la résistance, incarnée dans le programme progressiste du CNR.

 

Dans une cérémonie présidée par notre camarade résistant-déporté Emile Torner, militant du PCF 15, les jeunes communistes Oussama, Maroussia et Anthony avaient à lire des poèmes et témoignages bouleversants de déportés, respectivement « Envers et contre tout » de Jean Lastennet, « A ma mère » de Gisèle Guillemot et un récit de la vie terrible dans la carrière de Mauthausen par Jean Laffitte.

 

 

La rencontre organisée par la suite, au local de la section, avec notre camarade Emile Torner, et l'échange autour de son action dans la Résistance, de son arrestation et de son internement à Buchenwald n'en fut pas moins émouvant et lourd d'enseignements pour notre lutte actuelle.

 

 

Le témoignage d'Emile n'a pas seulement fait réagir la dizaine de jeunes présents, elle a soulevé nombre d'interrogations :

 

  • Sur la négation du droit du sol : en effet, Emile était d'origine juive mais il était français, ses parents naturalisés. En 1943, la préfecture a forcé les juifs (en ex-zone dite libre) à s'enregistrer comme « juifs ». Emile a d'abord dissimulé le patronyme juif de ses parents et a toujours refusé de se faire étiqueter, et ce fut une des raisons de son entrée en résistance. Avec un humour tragique, il rappelle que la préfecture lui a posé plus de problème en 1993 lorsque, sous le coup de la loi Pasqua, des documents lui ont été demandés sur la naturalisation de ses parents. L'offensive actuelle de Le Pen voire de Sarkozy contre le droit du sol nous rappelle hélas ces sombres conceptions ;

 

  • Sur les infâmes manœuvres de division des nazis entre les internés ; on trouvait à Buchenwald essentiellement des déportés politiques mais aussi des prisonniers de droit commun, et l'encadrement a longtemps fait le choix des « droit commun » contre les « politiques », faisant subir à ses derniers brimades et sévices physiques. Les « politiques », grâce à l'action des communistes notamment, ont su inverser le rapport de force. Les 28 nationalités dans le camp ont pu constater un obstacle, tout comme la grande diversité des opinions politiques, des nationalistes de droite aux communistes. Mais, les déportés ont su faire passer l'unité avant tout, et la libération du camp par les résistants eux-mêmes, en particulier communistes, en fut l'aboutissement ;

 

  • Sur la réalité même de l'univers concentrationnaire ; elle est indicible. Anecdote édifiante de ce prisonnier de Mauthausen qui raconte son expérience à son médecin habituel, qui préfère conseiller à son entourage l'internement psychiatrique. Emile pesait 28 kg pour 1m 70 à la libération. La survie était un combat, chaque effort était soigneusement pesé alors que les Allemands pratiquaient le travail forcé. En guise de repas, un bol d'eau noire le matin, une soupe d'eau avec quelques rutabagas le soir, et une boule de pain à partager entre sept prisonniers. A ce régime, nombreux sont ceux qui mouraient d'épuisement. Avec des sacs de ciment de 50 kg à porter, ceux-ci ont rapidement pesé plus lourds que les internés eux-mêmes ;

 

  • Sur le rôle des grandes entreprises dans l'horreur concentrationnaire ; on l'oublie souvent, mais la logique concentrationnaire s'est fort bien accommodée de la logique capitaliste, cette dernière en fut même le moteur, surtout à partir de 1940. La logique du travail forcé dans le camp obéissait à une logique de rentabilité, de rationalisation, de comptabilité : il fallait compter les morts, remplacer la main d’œuvre tombée par de nouvelles recrues, un décompte macabre. Il ne faut pas oublier que les grands trusts allemands ont amassé des fortunes immenses sur le dos des déportés : on pense à Siemens, IG Farben, Krupp ou encore Volkswagen qui ont profité de cette main d’œuvre gratuite ;

 

  • Sur les objectifs des nazis à travers ce crime contre l'humanité ; les camps ne sont pas seulement l'horreur morale, ils répondent aussi à des objectifs politiques méthodiquement mis en œuvre par le régime nazi. En premier lieu, il s'agit d'éliminer les opposants les plus résolus à cette forme barbare de domination du capital. Il s'agissait avant tout des communistes à titre collectif, puis des autres résistants courageux à titre individuel, qu'ils soient socialistes, sociaux-chrétiens voire de droite. On se rappelle du beau poème du pasteur Niemoller : « Ils sont venus chercher les communistes d'abord, et je n'ai rien fait, je n'étais pas communiste... ». Les communistes ne sont pas les seuls à avoir résisté au nazisme en Allemagne, et ensuite dans le reste de l'Europe, ils sont les seuls à l'avoir fait de manière systématique et organisée dans toute l'Europe. Ce n'est donc pas un hasard si ils furent les premières victimes de la barbarie nazie ;

 

  • Sur les tentatives de minimisation de la résistance communiste ; les jeunes communistes ont rappelé l'offensive de l'idéologie dominante dans les médias, les programmes scolaires pour mettre sur un même plan fascisme et communiste, pour nier l'idée de résistance communiste en partant du pacte de non-agression germano-soviétique. Cette ré-écriture « révisionniste » de l'histoire est un non-sens historique comme politique. En Allemagne, les communistes ont été les premiers vrais opposants au régime nazi dès 1933 et l'ont payé de leur vie. En France, dès 1939, les communistes ont été mis hors-la-loi par un gouvernement radical et socialiste et persécutés. Ils sont dès lors entrés dans la clandestinité, se sont évertués à ré-organiser le parti au cœur de la répression orchestrée ensuite par le régime de Pétain. Le PCF est la seule organisation à avoir préparé la résistance à l'occupant. Il suffit de mentionner la manifestation étudiante, organisée par les communistes, le 11 novembre 1940 devant le Musée de l'Homme pour balayer ce type d'argumentaire spécieux ;

 

  • Sur la vigilance par rapport à la résurgence du fascisme aujourd'hui ; ce fut l'enseignement et la conclusion de cet échange fructueux : « le ventre est encore fécond d'où est surgi la bête immonde ». Aujourd'hui, les discours racistes, xénophobes, de haine, se banalisent. Le néo-fascisme renaît en France comme dans toute l'Europe, la droite revancharde et décomplexée replonge dans ses racines réactionnaires, la gauche socialiste, par ses politiques de droite qui créent désillusions et rancœurs parmi les couches populaires, fait le lit de l'extrême-droite fascisante. Plus que jamais la vigilance est nécessaire, tout comme l'organisation de la résistance au fascisme. La seule organisation qui a su historiquement résisté au fascisme, c'est l'organisation communiste, et non une vague formation de « gauche », sans objectifs de rupture avec cette société capitaliste qui porte en elle la barbarie.

 

A leur échelle, les jeunes communistes du 15ème portent ce projet de reconstruction de l'organisation communiste, non pas à des fins identitaires mais bien pour répondre à leur raison d'être : rompre avec cette société capitaliste injuste et brutale, lutter contre l'extrême-droite, en dénonçant ses idées, et en combattant leur réalisation !

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