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Jeunesse Communiste Paris 15

« Lutte des classes » dans les lycées du 15 ème : la région PS gave les lycées bourgeois et serre la ceinture des lycées populaires !

19 Septembre 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Education

lutte-de-classe.jpg« Lutte des classes » dans les lycées du 15 ème

 

La région socialiste donne tout pour les lycées bourgeois, élitistes rien pour les lycées populaires, techniques et pro !

 

La rentrée 2014 dans le 15 ème est marquée par l'inégalité entre établissements, une fracture de classe encouragée par la région « socialiste » : des budgets en hausse dans les quartiers, les lycées bourgeois, des coupes massives dans les lycées techniques, pro et populaires.

 

La mairie d'arrondissement UMP, la mairie de Paris PS et la région socialistes ont un point d'accord : il faut en finir avec les lycées populaires dans le 15 ème, dans Paris, les expulser en banlieue.

 

La région y participe par son budget 2014 pour les lycées, ce qu'on appelle la DGFL (Dotation globale pour le fonctionnement des lycées) qui couvre toutes les dépenses, sauf celles pédagogiques, comme le salaire des enseignants payé par l'Etat.

 

La dotation globale est de 2,5 millions d'€ pour les lycées du 15 ème : mais elle est très inégalement répartie, et le 15 ème compte 2 lycées généraux, 6 lycées techniques et 2 lycées professionnels.

 

Un gagnant, le lycée élitiste du 15 ème, « attractif » pour les classes supérieures

 

Il y a un grand gagnant, c'est le lycée Buffon qui voit son budget augmenter de 9 %.

 

Avec ses 99 % de réussite au bac, ses classes prépa, sa réputation de « lycée d'élite », il attire la bourgeoisie du 15 ème et tente de concurrencer les grands lycées parisiens. La région fait le pari de la compétitvité, mais aussi des enfants les plus favorisés.

 

Autre gagante, l'Ecole nationale supérieure d'arts Appliqués (ENSAAMA), avec un budget en hausse de 5 %. Officiellement classé « lycée technique », nul besoin de préciser qu'il s'agit d'un technique d'élite, réservé à des étudiants triés sur le volet, par le mérite et l'origine sociale aussi.

 

Du côté des perdants, sept lycées populaires, techniques et pro !

 

Il y a beaucoup de perdants. Ce sont avant tout les lycées techniques Fresnel (- 1 %), Verlomme (- 4 %), St-Lambert (- 3 %), Louis Armand (- 3 %) et surtout professionnels Brassai (- 13 %!) et Beaugrenelle (- 7 %).

 

Ces lycées concentrent des élèves issus des classes populaires, venant souvent de proche et grande banlieue, travaillant dur pour avoir un emploi décent, comme ouvrier, technicien, artisan ou employé qualifié. Ils sont les sacrifiés de la politique de la région.

 

A côté de cela, le lycée général – fréquenté plutôt par les jeunes des classes moyennes et populaires – Camille Sée a vu son budget gelé : 0 % d'augmentation.

 

Avec 84 % de réussite au bac, moins de 50 % de passage de la seconde au bac, il est désormais un des lycées parisiens sous-côtés, évité par les parents des familles les plus riches. Il est classé 78 ème sur 80 lycées parisiens par le Figaro.

 

La région socialiste finance les lycées bourgeois du 16 ème et coule notre lycée ZEP !

 

Ce constat, c'est le même dans les arrondissements voisins que nous connaissons bien :

 

Dans les lycées généraux (très) bourgeois du XVI ème, les budgets sont à la hausse : + 5 % à JB Say, + 7 % à Claude Bernard, + 8 % à Janson de Sailly, + 5 % à Molière et Lafontaine.

 

Dans certains lycées (très) populaires du XIV ème, aux portes du XV ème, c'est l'austérité : le lycée technique Emile Dubois perd 5 % de ses financements, le lycée ZEP François Villon – situé à 100 m du siège de notre section – perd 10 % de son budget. Un signe pour un budget de classe !

 

La casse de nos lycées, dans le 15 ème, ce n'est pas juste couper dans les budgets pour les asphyxier et les forcer à se délocaliser en banlieue (comme on l'imagine pour Louis Armand), ou à se regrouper dans les lycées généraux (comme pour Fresnel).

 

Depuis 2011, la JC 15 mène la lutte pour défendre nos lycées pro et techniques

 

Depuis 2011, nous suivons, informons et alimentons les mouvements dans les lycées techniques et professionnels du 15 ème :

 

  • contre la fermeture programmée du lycée technique Fresnel en 2011, avec la suppression de 5 des 8 classes de lycée, le projet de rattachement au lycée général Buffon. Nous étions aux côtés des enseignants, des lycéens, le projet a été mis en échec ;

     

  • contre la suppression de la « dotation de solidarité » toujours au Lycée Fresnel en 2012 : le budget a été supprimé de 20 %, toujours dans l'objectif de faire plier ce lycée qui fait tâche dans les beaux quartiers. Nous l'avions dénoncé vigoureusement ;

     

  • contre la suppression de deux lycées techniques et pro en 2013 : le lycée technique Verlomme, qui survit encore, et le lycée professionnel Corbon, qui a définitivement fermé ses portes ;

     

  • contre les projets de re-localisation du lycée Louis Armand en 2015 : à cause de travaux de désamiantage, le lycée Louis Armand sera fermé pendant plusieurs années, à partir de 2015 ou 2016. La région envisageait d'abord un déplacement des effectifs vers le lycée François Villon (pour en faire un « lycée-ghetto »?), plus sûrement un découpage des effectifs en différents blocs répartis sur 2 ou 3 lycées. La perspective, c'est bien sûr celle de la mort lente du lycée, soit par fermeture, soit par délocalisation définitive. Nous avons informé à plusieurs reprises les lycéens, contribué à leur mobilisation ;

 

La lutte continue pour sauver le droit à l'éducation des jeunes des classes populaires du 15 ème, de Paris et de banlieue : plus que jamais, pour nous, cela passe par une rupture avec ses « politiques de classe » menées par l'Etat, la région, la mairie.

 

 

Que cette « rentrée des classes » soit la rentrée de la « lutte des classes » !

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