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Jeunesse Communiste Paris 15

« Semaine de l'agitation » en République tchèque: 20 000 étudiants dans les rues pour protester contre la hausse des droits de scolarité et la privatisation de l'université

6 Mars 2012 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Solidarité internationale

studenti_protest5.jpg« Semaine de l'agitation » en République tchèque


20 000 étudiants dans les rues pour protester contre la hausse des droits de scolarité et la privatisation de l'université

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce vendredi s'achevait la « semaine de l'agitation » en République tchèque qui a vu l'organisation de manifestations et d'occupations de facultés inédites depuis la restauration du capitalisme en 1989.



D'après les autorités, 20 000 étudiants auraient manifesté tout au long de la semaine dans douze villes universitaires du pays.



8 000 à Brno le mardi, 10 000 mercredi à Prague aux cris de « Dobes [le ministre de l'Education supérieure], dégage! », ou encore « Ta réforme, on en veut pas ! », plusieurs milliers en tout, également dans des villes moyennes comme Ceske Budejovice, Hradec Kralove, Ostrava ou encore Plzen.



Dans la petite cité provinciale deÚstí nad Labem, les milliers de manifestants n'ont pas manqué d'imagination et ont monté devant la faculté de Philosophie une scène aux accents religieux où... les étudiants étaient crucifiés sur la croix des réformes du ministre de l’Éducation.



Augmenter les frais de scolarité par dix, introduire des grands patrons dans les conseils de surveillance



La contre-réforme du ministre Joseph Dobes s'inscrit dans un processus de privatisation rampante des universités tchèques tout en limitant leur indépendance par rapport au pouvoir.



En effet, elle prévoit une augmentation des frais de scolarité, pouvant aller jusqu'à 10 fois le montant actuel, de 100 euros par an à 1 000 euros. D'autre part, le gouvernement souhaite introduire des hommes politiques et des grands patrons non seulement dans les programmes universitaires, mais avant tout dans les Conseils de surveillance des facultés.



Le leader étudiant Miroslav Jarusek résumait mercredi lors de son intervention au rassemblement à Prague une opinion diffuse parmi les jeunes étudiants : « L'université ne doit pas devenir un jouet entre les mains des politiciens ! ».



Interviewée au micro de Radio Prague, l'étudiante praguoise à l'université Charles, Hana Nemeckova évoque une ébullition dans le milieu estudiantin et une solidarité du personnel enseignant peu communs en République tchèque : «  « C’est un peu étrange car à l’école on parle tout le temps dans les couloirs avec nos professeurs qui ne sont jamais très engagés. Mais cette semaine, c’est vraiment différent : ils nous encouragent aussi à venir aux manifestations, à protester (…) L’ambiance était vraiment parfaite car il y avait beaucoup de monde. En Tchéquie, on a l’impression que les gens n’ont pas trop la volonté de venir manifester pour quoi que ce soit. »



Lorsqu'on lui demande ce qui la gêne la plus dans la réforme gouvernementale, elle répond sans hésiter:« Le fait le plus agaçant est celui d’avoir des businessmen dans l’administration des écoles. C’est ce qui agace le plus les étudiants, et les professeurs aussi. »



Une critique du système capitaliste largement partagée dans la société tchèque relayée par des communistes de plus en plus écoutés



Vingt ans après la restauration du capitalisme, les illusions sont tombées dans une bonne partie de la jeunesse tchèque sur les mérites d'un « capitalisme à visage humain », tout comme elles se sont dissipés auparavant dans le reste de la population tchèque, qui considère à 75% comme négative la situation actuelle du pays.



Un sondage récent publié en novembre révélait que ceux qui estiment que la vie meilleure était sous le socialisme était plus nombreux (31%) que ceux qui jugent la vie meilleure actuellement (23%).



Plus intéressant, 75% jugeaient la politique de privatisation menée après 1989 comme un échec, 63% que les services publics fonctionnaient mieux et enfin 72% que les relations humaines étaient plus saines sous le système communiste.



Face à des derniers sondages qui démontraient une réelle percée du Parti communiste de Bohême-Moravie (KSCM), déjà troisième force du pays avec 12% des voix aux législatives de 2010, le gouvernement brandit depuis septembre la menace de l'interdiction, sachant que la Jeunesse communiste tchèque (KSM) avait été interdite entre 2006 et 2008.



Toutefois, le ministre de l'intérieur, Jan Kubice, a dû annoncer ce mercredi que les bases légales étaient insuffisantes pour déclarer la mise hors-la-loi du Parti communiste.



En République tchèque comme ailleurs, la colère des étudiants grandit face à la politique de privatisation des universités, dans l'esprit du processus de Bologne impulsée par l'Union européenne.



Elle se nourrit d'un désenchantement croissant vis-à-vis d'un système capitaliste qui montre de plus en plus son véritable visage, dans un pays où l'idéal et les forces communistes reprennent une vigueur qui ne laissent d'autre choix à la classe dominante en position de faiblesse que celui de la répression et de l'intimidation.

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