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Jeunesse Communiste Paris 15

Soirée-ciné (1) et hommage à Mandela – « Cuba, une odyssée africaine », communistes et lutte anti-coloniale en Afrique

1 Février 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Solidarité internationale, #Actualité

cuba-odyssee-africaine.jpgSoirée-ciné (1) et hommage à Mandela – « Cuba, une odyssée africaine », communistes et lutte anti-coloniale en Afrique

 

Compte-rendu pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

Ce vendredi, une quinzaine de jeunes ont assisté à l'hommage rendu à Nelson Mandela autour d'une soirée-cinéma qui a combattu un certain nombre d'idées reçues en montrant comment les communistes ont apporté une contribution décisive à l'émancipation des peuples africains.

 

Pourquoi Nelson Mandela, juste après sa libération, réserve-t-il sa première visite au Cuba de Fidel Castro en 1991 ?

 

C'est de ce point de départ que la réalisatrice Jihan El Tahri montre le soutien inestimable apporté par Cuba, et plus largement par les communistes et l'URSS, à la lutte de libération anti-coloniale, dans un film organisé en deux parties.

 

La première partie (1959-1975) traite essentiellement de l'expédition du « Che » au Congo. En 1960, l'ex-Congo belge prend son indépendance, un des pays les plus vastes et peuplés d'Afrique, riches en matières premières (cobalt, uranium, caoutchouc, cuivre, fer).

 

L'assassinat de Lumumba au Congo par les services secrets occidentaux

 

Le premier président du Congo indépendant est Patrice Lumumba, nationaliste intègre qui se trouve dès l'indépendance la cible des manœuvres politiques de l'ancienne puissance coloniale belge, des mercenaires tel Joseph Désiré Mobutu dans son premier camp.

 

Lumumba se tourne dans un premier temps vers les États-Unis, en vain, puis vers l'Union soviétique qui lui apporte son aide internationaliste. Dès lors, les États-Unis, la Belgique, la France et la Grande-Bretagne vont collaborer pour éliminer Lumumba.

 

Cela va passer par l'armement des rebellions dans les régions minières comme au Katanga, le soutien au coup d’État du boucher Mobutu et enfin par la liquidation physique du « père de l'indépendance » Lumumba.

 

Dès lors, le Congo passe sous contrôle impérialiste, les rebelles restés fidèles à Lumumba lancent un appel à l'URSS et à Cuba.

 

Le Che au Congo : « la solidarité des faibles » pour « créer deux, trois Vietnams » !

 

C'est l'époque où Cuba est à la tête des mouvements d'émancipation du Tiers-monde, où elle prend la tête de la Conférence tri-contentinale à la Havane en 1966, où le Che proclame qu'il faut créer « deux, trois, de nombreux Vietnam » pour diviser le front impérialiste.

 

Cette « solidarité des faibles » comme le Che nommait l'internationalisme, il va l'expérimenter. D'abord ses visites diplomatiques dans l'Algérie de Ben Bella, la Guinée de Sékou Touré, l'Egypte de Nasser, le Ghana de Kwame Nkrumah qui se transforment en tribunes anti-impérialistes.

 

Et surtout par l'expédition au Congo de 1965, en soutien aux rebelles congolais menés par Joseph Désiré Kabila, menée par le Che déguisé de façon improbable, avec 12 combattants-instructeurs cubains, tous Noirs, avec à sa tête le combattant Victor Dreke.

 

Cette expédition s'intègre dans la doctrine du « foquisme » du Che, créer des foyers insurrectionnels à partir desquels pourra se déployer une lutte généralisée contre l'impérialisme. Un plan ambitieux, typique du volontarisme du Che, avec ses vertus et ses limites.

 

De l'échec du Congo au soutien à la rebellion de Guinée-Bissau

 

Un plan qui se révélera un échec : les luttes entre forces congolaises sont confuses, les puissances occidentales corrompent certains soldats pour les retourner contre les révolutionnaires et surtout le fossé culturel entre Cubains et Congolais – malgré la couleur de peau – est immense.

 

Cela n'enlève rien du geste désintéressé de Cuba, le succès d'estime que remportent les Cubains. Pour les rebelles congolais, ne serait-ce que voir des Cubains noirs commander à des Cubains blancs, c'est une révolution mentale !

 

De cet échec, Fidel en tire une leçon importante. Finies les aventures improvisées en Afrique, l'aide prochaine devra soit être logistique (une aide en instructeurs, matériel), soit militaire directe (l'envoi de troupes cubaines sur le terrain).

 

Cette nouvelle doctrine, Cuba la met en pratique dès la fin des années 60 en Guinée-Bissau pour soutenir la guérilla national-progressiste d'Amilcar Cabral. Ce petit Etat est le « maillon faible » du grand Empire portugais dirigé par la dictature fasciste de Salazar.

 

A l'époque, tandis que les États-Unis soutiennent le régime fasciste jusque dans sa politique coloniale, l'URSS et Cuba se distinguent par leur appui au mouvement de libération nationale.

 

Les longues guérillas marxistes d'Angola, de Guinée-Bissau, du Mozambique finissent par épuiser le régime fasciste portugais, qui s'effondre en 1974 avec la « Révolution des œillets », née de la conjonction d'un mouvement populaire mené par le Parti communiste portugais et d'une révolte progressiste dans les forces armées coloniales.

 

Ainsi s'achève la première partie du film, par la libération précaire des dernières colonies d'Afrique. La seconde partie du film (1975-1988) traite de la guerre civile d'Angola, et la lutte entre les forces pro-apartheid et anti-apartheid.

 

Dans la guerre civile angolaise : le « camp de l'apartheid » dominé par les Etats-unis vs le « camp de la liberté » incarné par Cuba et l'URSS !

 

En 1975, le joyau de l'Empire portugais africain, l'Angola, puissance pétrolière, reste un enjeu de lutte entre grandes puissances. Les États-Unis, la France, l'Afrique du sud d'apartheid ne peuvent accepter qu'un régime marxiste s'installe dans une puissance pétrolière majeure.

 

Dès lors, la guérilla marxiste du MPLA d'Agostinho Neto – soutenue par l'URSS, Cuba et la RDA – se trouve confrontée au FNLA d'Holden Roberto, soutenu par les Etats-unis, la Chine et Israël, via le Zaire de Mobutu, et à l'UNITA du seigneur de guerre Jonas Savimbi, appuyé encore par les Etats-unis et l'Afrique du sud d'apartheid.

 

La lutte ne peut pas être plus claire : d'un côté le camp de la libération nationale, de la lutte anti-coloniale et anti-apartheid soutenu par Cuba, l'URSS et la RDA ; de l'autre celui du statu quo néo-colonial, de l'apartheid israélien et sud-africain, appuyé par les États-Unis et la France !

 

Dès 1975, le MPLA est asphyxié, victime d'une invasion des forces sud-africaines avec lesquels les traîtres de l'UNITA s'étaient alliés.

 

Agostinho Neto fait appel à son ami Fidel Castro qui envoie 10 000 troupes cubaines, avec un matériel soviétique lourd (les fameuses « orgues de Staline ») pour repousser l'assaut des troupes pro-coloniales.

 

Grâce à l'apport cubain et soviétique, l'indépendance de l'Angola sous l'égide d'un parti marxiste-léniniste est établie à la fin de l'année 1975.

 

La victoire cubaine lors du « Stalingrad de l'Afrique » : de l'indépendance de l'Angola et la Namibie à la chute de l'apartheid

 

Mais les puissances impérialistes ne lâchent rien. Elles continuent à soutenir les rebellions pro-apartheid et anti-communistes. L'arrivée de Ronald Reagan à la tête des Etats-unis en 1980 renforce la guerre civile, celui-ci veut faire de l'Angola « le Vietnam des soviétiques et des cubains ».

 

Reagan présente alors le tortionnaire Jonas Savimbi comme un « combattant de la liberté » (comme ils le firent avec Ben Laden en Afghanistan !), lui fournit un matériel dernier cri (les missiles sol-air Stinger) pour briser le gouvernement révolutionnaire angolais.

 

Une nouvelle invasion par les forces sud-africaines d'apartheid, le soutien apporté aux rebellions anti-communistes acculent une nouvelle fois le régime angolais, contraint de demander une aide supplémentaire à Cuba, qui transporte de 50 000 à 400 000 hommes selon les estimations.

 

En 1988, a lieu la bataille de Cuito Cuanavale, le « Stalingrad de l'Afrique », au sort décisif pour la guerre civile d'Angola opposant troupes cubaines et troupes sud-africaines.

 

Les Cubains remportent la victoire, ce qui permet d'imposer par la suite – dans une réaction en chaîne – le retrait des troupes sud-africaines d'Angola, l'indépendance de la Namibie, la libération de Nelson Mandela jusqu'à la chute de l'apartheid.

 

Au moment où l'URSS de Gorbatchev décide d'abandonner la politique historique soviétique de soutien aux mouvements de libération nationale, le Cuba de Fidel Castro garde la flamme de la « solidarité des faibles », l'internationalisme prolétarien.

 

Voilà ce qui explique la visite de Mandela en 1991 à la Havane, la dette qu'expriment régulièrement les peuples africains envers Cuba socialiste qui continue d'envoyer médecins, éducateurs, instructeurs en Afrique, gratuitement, pour aider au développement de ces pays.

 

Vive Cuba socialiste et la solidarité des faibles, l'internationalisme !

Vive l'indépendance des peuples africains du colonialisme, ancien et nouveau !

 

 

 

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