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Jeunesse Communiste Paris 15

Solidaires avec le mouvement des étudiants en travail social. Les stages gratuits, le bénévolat imposé, c'est pas un cadeau !

21 Octobre 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Entreprise, #Education

Image1.pngSolidaires avec le mouvement des étudiants en travail social

 

Les stages à 400 € ou gratuits, ce n’est un cadeau pour personne …

 

Exigeons des stages rémunérés à un niveau décent et de qualité !

 

Le 16 octobre, nous étions dans la rue ensemble pour défendre notre Sécurité sociale, notre droit à la santé. Jeunes communistes du 15 ème, de tous les métiers, et étudiants en travail social de l’IRTS Montrouge, et d’autres instituts de formation parisiens.

 

Stages à 400 € : c’est la précarité pour tous, un SMIC jeune !

 

Nous étions là aussi pour dénoncer l’hypocrisie de cette « loi sur les stages » votée cet été.

Pour les 2,5 millions de stagiaires, c’est un cadeau empoisonné : cela ne fait quelégaliser la précarité pour tous. Aucune rémunération jusqu’à deux mois, puis 30 % du SMIC après, c’est 400 € soit un « SMIC jeune déguisé ».

Pour les étudiants en travail social, la situation est différente bien sûr. Les stages sont nécessaires à la formation. Jusque-là ils n’étaient pas « gratifiés », payés. Avec la loi, ils devaient l’être : 400 €, c’est mieux que 0 €.

 

Il n’y aurait plus d’argent pour des stages payés ? C’est faux !

 

Ce gouvernement ne fait pas de cadeau aux travailleurs, il impose l’austérité au secteur public … mais il donne 50 milliards d’€ de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises (avec le « Pacte de responsabilité »), 10 milliards d’€ de crédits d’impôts pour la recherche privée.

Le gouvernement coupe tous les financements des premiers employeurs des travailleurs sociaux : les collectivités territoriales et les associations. L’Etat va enlever en 2015 4 milliards d’€ de dotations aux collectivités locales, 5 milliards d’€ aux associations.

Pour le seul secteur associatif, d’ici 2017, c’est 29 milliards d’€ de subventions – locales ou nationales – qui vont être perdues (plus que le budget annuel de la formation professionnelle !) : 250 000 emplois pourraient disparaître, dont la moitié dans le travail social. Les premiers qui vont sauter, ce sont les jeunes stagiaires, contractuels.

 

L’hypocrisie du gouvernement : le « bénévolat », c’est l’esclavage sympa !

 

On voit l’hypocrisie du gouvernement. Oui, vous pouvez être « gratifiés » mais comme il n’y a pas d’argent et que vous avez besoin de stages : acceptez les stages aux conditions du marché, donc un stage gratuit, volontaire, « bénévole ». L’esclavage avec le sourire !

Ne soyons pas dupes. Ce gouvernement, le MEDEF cherchent à nous faire la pédagogie de la soumission : nous habituer au mieux aux contrats précaires à 400 €, ou l’exploitation déguisée, nous résigner au « bénévolat », nouvelle forme d’esclavage consenti.

Choisir le travail social, comme l’enseignement ou la santé, c’est une vocation, un choix humain. C’est aussi un travail utile à la société : tout travail mérite salaire, c’est notre revendication de base.

Pour ceux qui travaillent dans l’éducation, la santé, les collectivités, on sait que se multiplient les embauches en « emplois d’avenir », « stages », « contractuels » : c’est le début de la précarité à vie soutenue par l’Etat, les collectivités locales !

 

Pour le patron des patrons : « tout travail mérite salaire, c’est ringard ». Non !

 

Image2.pngNotre avenir ? Ecoutons le président du MEDEF, Pierre Gattaz : « Beaucoup de sans-emploi attachent plus d'importance à la nécessité d'acquérir de l'expérience qu'à celle de percevoir un salaire ». Il faudrait qu’on puisse «  travailler bénévolement lorsque la situation économique l’exige » sans que les patrons soient «  taxés d’esclavagistes ». Car «des milliers de salariés sont prêts à se sacrifier pour sauver leurs entreprises. Les clichés du passé comme ‘tout travail mérite salaire’ c’est dépassé, ringard en temps de crise ».

Aujourd’hui, c’est lui qui fait la politique du gouvernement : notre avenir c’est le bénévolat pour les entreprises esclavagistes, car il est plus important « d’avoir de l’expérience », de « sortir de la crise » que d’avoir un salaire : c’est ringard, le salaire, non ?

On retrouve le même genre de discours dans la « Loi sur la refondation de l’école », dans la bouche de la ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso. Depuis 2011, les lycéens doivent « découvrir l'engagement volontaire et bénévole … à travers un stage obligatoire en fin de seconde dans une association à but social ou humanitaire ».

 

Des milliers de jeunes lycéens font depuis l'expérience de « l'engagement bénévole » dans ces « assoc’ à but humanitaire », en fait des entreprises qui les paient pas pendant 4 semaines (la rémunération est obligatoire après 2 mois!), et leur font faire les tâches ingrates.

 

Les stages sous-payés, les stages non-payés, ce n’est pas une fatalité !

 

N’acceptons pas cet avenir de précarité qu’on nous propose. Il n’est pas vrai que les « stages gratuits », ou pour les chanceux les « stages à tiers de SMIC » sont une fatalité, comme le virus Ebola, les inondations ou l’éruption d’un volcan islandais.

C’est une politique délibérée, qu’on peut inverser. Ce qu’on demande est simple et réaliste :

Déblocage immédiat des fonds publics qui permettent aux stagiaires de trouver en urgence un stage à la rentrée : 70 millions d’euros maintenant pour résoudre cette situation d’urgence ;

 

Refusons les baisses de subventions, dotations aux associations et les collectivités locales : des centaines de milliers d’emploi sont en jeu. Nous pouvons les payer si on demande aux grandes entreprises de rendre leurs cadeaux fiscaux ;

 

Le paiement des stages correspondant au remplacement d’un poste à temps plein au SMIC du travailleur normal ;

 

Refusons le « bénévolat » imposé comme une forme de travail non-payé ;

 

Reconnaissance des qualifications professionnelles, de l’utilité sociale, de l’égalité homme-femme dans le travail social : cela passe par l’accès au statut de fonctionnaire des travailleurs sociaux ;

 

 

La lutte des étudiants en travail social n’est pas isolée de celle des étudiants, travailleurs des autres secteurs. Les travailleurs sociaux en formation ne sont pas seuls : nous, jeunes communistes, étudiants, jeunes enseignants, cheminots, infirmières, employés, nous sommes pas seulement à vos côtés, nous menons la lutte dans nos secteurs contre les stages découvertes de l’exploitation, contre l’esclavage déguisé !

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