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Jeunesse Communiste Paris 15

Solidarité avec la lutte de la jeunesse, des travailleurs et du peuple turc!

9 Juin 2013 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Solidarité internationale

15687707-turkish-flag-and-fist-protest.jpgSolidarité avec la lutte de la jeunesse, des travailleurs et du peuple turc!

 

Article-Tract pour la JC Paris 15

 

Ce qui s'exprime par centaines de milliers dans les rues de Turquie, ce n'est pas seulement une indignation contre une opération de spéculation immobilière, c'est une explosion de colère face à la politique autoritaire, anti-sociale et belliciste d'Erdogan.

 

La seule réponse aux demandes de liberté : c'est les lacrymo et les canons à eau, la prison pour des milliers qui osent user de leur liberté d'expression, au nom de la « lutte contre le terrorisme ».

 

La police turque, sur-armée, sur-équipée et entraînée, héritière des méthodes des régimes fascistes, a déjà tué deux manifestants et blessé des milliers d'autres.

 

Mais la jeunesse n'a plus peur. Elle demande le départ d'Erdogan, le respect des libertés fondamentales, la fin du soutien à la rébellion criminelle en Syrie. La fin d'un régime qui tient par la manipulation du sentiment national, pour opprimer les minorités, et du sentiment religieux, pour brimer jusqu'aux musulmans laiques, majoritaires.

 

Le gouvernement et les grandes entreprises françaises, complices

 

Le gouvernement français a parlé d' « usage excessif de la force » et appelé le gouvernement à « la retenue ! Pour traduire ce langage diplomatique : frappez les manifestants d'accord, mais un peu moins fort !

 

En Turquie, on laisse des manifestations politiques se faire écraser pendant qu'en Syrie, en Libye, on soutient une rébellion armée, menée par des groupes liés à Al-Qaida et des politiciens corrompus prêts à nous brader pétrole et gaz.

 

Le gouvernement autoritaire d'Erdogan est « notre ami ». Depuis la Turquie, les « rebelles » sèment la terreur en Syrie. Pendant le « printemps arabe », la Turquie a été présentée comme un modèle. Un comble à l'heure du « printemps turc » !

 

Modèle pour qui ? Maintenir l'ordre social en instrumentalisant la religion, la répression de tout mouvement social, et un, et un capitalisme sauvage, sans droits pour les travailleurs : les patrons français profitent bien du régime autoritaire turc.

 

Pendant que Renault ferme ses usines en France, elle en ouvre en Turquie : 45 heures de travail par semaine, 2 € de l'heure, sans droits sociaux ou presque, avec une main d’œuvre très qualifiée et docile. Au diable les emplois en France, les droits démocratiques et sociaux en Turquie : seul le profit compte !

 

Passer de l'indignation à l'organisation : notre combat aussi !

 

La colère de la jeunesse turque ne se limite pas aux projets de loi liberticides sur le mode de vie, aux restrictions sur l'alcool ou les modes vestimentaires, ni même sur les libertés fondamentales. C'est aussi l'expression d'une colère sociale : un jeune turc sur quatre est au chômage.

 

Ce mouvement a pris un caractère spontané. Si l'indignation peut être une prise de conscience, un défi posé à la résignation, sans direction ni organisation, elle est vulnérable aux stratégies de récupération et aux ruses du pouvoir.

 

Les jeunes communistes turcs, avec d'autres mouvements progressistes, tentent de construire l'unité face aux stratégies de division : unir les couches moyennes urbaines aux ouvriers, les Turcs aux minorités kurdes ou alévis, les musulmans laïcs aux athées.

 

Le pouvoir est prêt à allier force brutale et ruses retorses : des promesses de réformes vite oubliées pour freiner le mouvement, des propositions de gouvernements d' « union nationale », ou de vraies-fausses divisions, comme sur la question religieuse ou nationale, pour casser le mouvement.

 

L'unité ne peut se construire qu'autour de revendications claires, concrètes, de rupture pour mettre en échec le gouvernement : départ du gouvernement Erdogan, libération de tous les prisonniers politiques, garantie des libertés fondamentales, fin de l'intervention turque en Syrie.

 

Pour nous, jeunes communistes français, la solidarité avec la lutte des jeunes turcs, étudiants et travailleurs, suppose que nous suivions leur exemple :

 

construisons un mouvement de riposte contre notre gouvernement et sa politique de plus en plus contraire aux intérêts des travailleurs de ce pays, et des peuples du monde entier, notamment au Mali et en Syrie.

 

Nous, jeunes communistes français, faisons également pression auprès de notre gouvernement :

 

  • retrait des investissements français et la re-localisation de l'usine de Renault-Bursa ;

  • condamnation ferme et sans ambiguïté de la répression par le gouvernement Erdogan ;

  • pressions internationales sur la Turquie pour obtenir la libération immédiate de tous les prisonniers d'opinion, dont notre jeune camarade franco-turque Sevil Sevimli, coupable d'avoir exprimé démocratiquement ses idées révolutionnaires en Turquie ;

  • arrêt de la répression du mouvement national kurde, droit du peuple kurde à disposer de lui-même ;

  • retrait des troupes françaises du Mali, arrêt de la politique d'intervention en Syrie ;

  • Sortie de la France de l'OTAN, dont l'Etat policier et militaire turc est un pilier ;

 

comert.jpgAbdullah, 22 ans, martyr de la révolte turque

 

« Si on ne peut sauver le pays, autant mourir pour lui et la révolution ! »

 

Le jeune étudiant Abdullah Cömert, 22 ans, est le deuxième manifestant à être victime de la brutalité policière en Turquie, tombé sous un coup de feu tiré par un policier.

 

Son dernier message nous livre l'état d'esprit de la jeunesse turque, prête au martyr pour sa liberté et pour la révolution :

 

« Je n'ai dormi que cinq heures ces trois derniers jours, j'ai été exposé aux gaz maintes fois. Trois fois, j'ai frôlé la mort.

 

Les gens nous disent : « C'est vous qui allez sauver le pays ? ». Oui. Et si on ne peut pas le sauver, autant mourir pour lui.

 

Je suis si fatigué, je ne tiens qu'avec les antalgiques. J'ai la voix cassée, mais je suis toujours dans la rue depuis l'aube. Juste pour la révolution ! »

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