Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Jeunesse Communiste Paris 15

Une plaque dans le 15 ème pour Huynh Khuong An, jeune communiste fusillé par les Nazis en 1941 – la JC 15 lui rend hommage

24 Octobre 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Histoire

huynh.jpgUne plaque dans le 15 ème pour Huynh Khuong An, jeune communiste fusillé par les Nazis en 1941 – la JC 15 lui rend hommage

 

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

(Les photos de la commémoration suivront sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/jcparis15)

 

Ce vendredi 24 octobre, la mairie de Paris, la mairie du 15 ème, l'Ambassade du Viet-nam ainsi que l'Amicale de Ch$ateaubriant ont apposé une plaque commémorative porte Brancion en hommage à Huynh Khuong An, jeune résistant communiste, fusillé par les nazis le 22 octobre 1941. La JC Paris 15 était là pour rendre hommage à un des nôtres.

 

La plaque commémorative rappelle brièvement le parcours de Huynh Khuong An : « Ici a vécu Huynh Khuong An dit Luisne (1912-1941), enseignant et résistant communiste, interné au camp Choisel à Châteaubriant, il fut fusillé avec vingt-six autres otages le 22 octobre 1941.»

 

Huynh Khuong An est mort à 29 ans à Châteaubriant, le 22 octobre 1941, fusillé par l'occupant nazi. Avec lui 26 autres martyrs dont Jean-Pierre Timbaud secrétaire de la fédération des métaux de la CGT de la région parisienne, Guy Moquet étudiant de 17 ans et jeune communiste ou Charles Michels, notre député communiste du 15 ème, secrétaire de la fédération CGT des cuirs et peaux.

 

Pour nous tous, le martyr des 27 de Châteaubriant deviendra le symbole, le catalyseur de la Résistance à l'occupant et à ses collaborateurs, aujourd'hui réhabilités par une certaine droite revancharde.

 

Ce vendredi, après avoir lutté avec nos camarades étudiants en travail social, nous étions une dizaine de jeunes communistes du 15 ème – avec drapeaux rouges, faucille et marteau – à saluer cette initiative, insister aussi sur le fait qu'iil ne faut pas galvauder, diluer la portée du combat de notre camarade.

 

Le parcours d'Huynh Khuong An est celui d'un jeune porté au communisme, par l'adhésion au seul parti prenant fait et cause pour les peuples colonisés face à la barbarie coloniale.

 

Huynh Khuong An est né à Saigon en 1912. Il part tôt étudier en France et rejoint rapidement les jeunes communistes, en prenant parti auprès de l'organisation de la classe ouvrière, celle portant le combat anti-colonialiste de masse dès sa fondation : le PCF.

 

Parti faire ses études de lettres en Lyon, en 1936, il devient secrétaire de l'Union des étudiants communistes (UEC) à Lyon. Il tisse le lien entre étudiants et ouvriers, organisant la solidarité avec les ouvriers des usines Berliet en grève à Vénissieux, au moment du Front populaire.

 

Par la suite, il vient sur Paris, réside dans le 15 ème arrondissement de Paris. Il y prépare l'Agrégation. Il devient par la suite professeur de lettres stagiaire à Versailles, en 1940.

 

Alors que le fascisme menace la France, le gouvernement français mène la lutte contre les communistes. Dès l'interdiction du PCF en septembre 1939, il participe avec sa compagne Germaine Barjon à la reconstitution clandestine du Parti, prépare la Résistance nationale.

 

Sa femme Germaine Barjon est responsable de l'Association des amis de l'URSS. Avec elle, il joue un rôle précieux en maintenant le contact avec l'Union Soviétique.

 

Il est arrêté en 1941, avant l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie, pour tentative de reconstitution du Parti communiste interdit, de fait acte de résistance à l'occupant et ses collaborateurs.

 

Il est exécuté avec 26 de ses compagnons le 22 octobre 1941 à Châteaubriant. Il laisse à son épouse Germaine Barjon, déportée au camp de concentration de Ravensbruck, une lettre touchante.

 

Il s'y exprime avec sérénité, douceur et fierté de mourir pour son idéal.

 

« Ma chère Germaine, sois courageuse, ma chérie. C'est sans aucun doute la dernière fois que je t'écris. Aujourd'hui, j'aurai vécu. Nous sommes enfermés provisoirement dans une baraque non habitée, une vingtaine de camarades, prêts à mourir avec courage et avec dignité. Tu n'auras pas honte de moi. Il te faudra beaucoup de courage pour vivre, plus qu'il n'en faut à moi pour mourir. Mais il te faut absolument vivre. Car il y a notre chéri, notre petit, que tu embrasseras bien fort quand tu le reverras. Il te faudra maintenant vivre de mon souvenir, de nos heureux souvenirs, des cinq années de bonheur que nous avons vécues ensemble.


 

Adieu, ma chérie. Mes baisers. Mes dernières caresses. À tes parents mes affectueux baisers. Huynh Khuong An »

 

Pour nous, Huynh Khuong An  est un exemple à plus d'un titre.

 

Un exemple de Résistance à l'occupant, dès 1939, par les communistes qui par dizaines de milliers ont préparé puis organisé la lutte quand nos élites faisaient le choix de la capitulation, de la collaboration. Ils portaient le nom de Jean-Pierre Timbaud, Pierre Sémard, Gabriel Péri, Guy Môquet, Khuong An Huynh, ou d'autres que nous n'oublions pas.

 

Un exemple du lien indissoluble entre Parti communiste et lutte contre le colonialisme. C'était au cœur du Congrès de Tours quand les communistes ont fait la rupture avec les socialistes : nous étions pour abattre le système colonial, eux étaient pour l'humaniser.

 

Ho Chi Minh, père de l'indépendance vietnamienne, était là au Congrès de Tours pour affirmer son soutien à la naissance du Parti communiste français. En 1941, Ho Chi Minh menait la lutte contre les fascistes japonais, il la mènera contre les colonialistes français, puis les impérialistes américains.

 

Aujourd'hui, le Vietnam est un Etat qui se revendique du socialisme, dirigé par un Parti communiste qui a su mener la nation à sa libération après plus de trente ans de guerre de libération nationale. Nous suivons avec sympathie sa voie de développement indépendante.

 

Un exemple du sacrifice de ces hommes et femmes issus de l'immigration, morts pour la France, dans la résistance à l'occupant nazi.

 

Les communistes ont été seuls à organiser de façon conséquente les jeunes issus de l'immigration dans la Résistance, avec la FTP-MOI (Francs Tireurs-partisans/Main d'oeuvre immigrée).

 

Les immigrés, étrangers ont apporté une contribution importante à la libération de la France de l'occupant, là où nombre de Français ont préféré la collaboration. La solidarité en armes de nos camarades Espagnols Républicains, pourtant abandonnés par la France en 1936, est inoubliable.

 

La France n'est pas dans le sang, elle est dans la tête, le cœur, elle est le choix de la Résistance, de la Révolution, de la démocratie socialiste, voilà ce que cela signifiait pour Khuong An Huynh.

 

Au même moment, la France de Pétain disait qu'être Français, c'est dans le sang. Le sang, oui mais celui de la collaboration avec une puissance étrangère, celui des martyrs résistants, communistes ou non, Français ou non, celui des Juifs déportés en masse vers les camps de la mort.

 

La JC Paris 15 ème répond présent pour saluer la mémoire de ses martyrs, comme nous le faisons pour nos anciens morts dans la jeunesse de l'âge à Charonne ou au lycée Buffon.

 

Elle répond surtout présent pour lutter aujourd'hui contre le capitalisme sans limites, le néo-colonialisme, l'impérialisme criminel, la résurgence du fascisme, le retour d'un révisionnisme historique d'une droite revancharde qui n'a jamais accepté sa défaite.

 

La Résistance, ses martyrs, son sang allaient déboucher sur un Programme du Conseil national de la Résistance (CNR) fortement influencé par celui des communistes, il devait s'attaquer aux raisons sociales qui avaient rendu possible le régime réactionnaire, anti-national de Vichy..

 

Furent alors actés un vaste plan de nationalisations, notre système de Sécurité sociale, la retraite par répartition, une éducation nationale publique, gratuite et laique, une démocratie sociale qui intègre les exclus d'alors en accordant notamment le droit de vote aux femmes.

 

Une France nouvelle qui pourrait, par la voie d'une démocratie avancée, construire un avenir meilleur pour la jeunesse de ce pays – éloignant les menaces immédiates de la misère, de la guerre, du fascisme.

 

Récemment, le numéro 2 du MEDEF Denis Kessler déclarait qu'il voulait « déconstruire le programme du CNR ». C'est à ce plan que s'affairent les gouvernements Sarkozy et maintenant Hollande. L'heure est à la résistance.

 

Tombant à Châteaubriant, les fusillés criaient : Vive la France ! Vive le Parti communiste français ! Nous reprenons ce cri, ajoutant : Le fascisme ne passera pas ! Que vive l'exemple de notre camarade Huynh Khuong An  ! Vive l'amitié avec la République socialiste du Vietnam !

 

 

 

 

Partager cet article

Commenter cet article