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Jeunesse Communiste Paris 15

Les JC du 15 ème rendent hommage à Alvaro Cunhal, dirigeant historique du PC portugais pour son centenaire

4 Janvier 2014 , Rédigé par JC Paris XV Publié dans #Histoire, #Actualité

pcp-cunhal.gifLes JC du 15 ème rendent hommage à Alvaro Cunhal, dirigeant historique du PC portugais pour son centenaire

 

Compte-rendu pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

Ce dimanche 6 décembre, une vingtaine de jeunes communistes du 15 ème ont rendu hommage au dirigeant historique du Parti communiste portugais (PCP) Alvaro Cunhal, dont nous fêtons le centenaire de sa naissance cette année.

 

le-parti-en-toute-transparence-alvaro-cunhal.jpgCe fut l’occasion avec Miguel Queiroz, traducteur du livre « Le Parti en toute transparence » (O partido com paredes de vidro/1985), de réaliser une présentation de l’ouvrage, puis d’ouvrir un débat formateur pour nous sur « ce qu’est une organisation communiste ».

 

Alvaro Cunhal, sept décennies au service de la révolution et des travailleurs portugais

 

Miguel a rappelé d’abord le parcours extraordinaire d’Alvaro Cunhal, secrétaire-général du PCP de 1961 à 1992, œuvre difficile à synthétiser. Cunhal adhère à la Jeunesse et au Parti dans les années 1930, il devient secrétaire des Jeunesses communistes en 1935.

 

Il fut, à l’âge de 27 ans, un élément moteur de la réorganisation du Parti dans la clandestinité en 1940-1941, mettant l’accent sur la ligne de masse du Parti, l’opposition irréductible à la dictature et l’organisation des travailleurs sur le lieu de travail.

 

Dans les années 1960 – après avoir passé 15 ans dans les geôles fascistes – il fixe la ligne du Parti dans le rapport au Comité central « Vers la victoire » (Rumo a vitoria), celle qui va inspirer la révolution d’Avril : une lutte sans compromis pour renverser la dictature vers une révolution démocratique et nationale.

 

Il fut une des grandes figures de la Révolution des œillets d’avril 1974, s’efforçant d’organiser les masses pour obtenir les grandes conquêtes d’Avril – nationalisations, réforme agraire, système national de santé – et résister à la contre-révolution.

 

Cunhal a incarné une fidélité à la grille d’analyse marxiste, à l’organisation communiste face à toutes les tentatives de la fondre dans un vague « bloc de gauche », mais avec une application créative de la théorie, une attention constante à la vie, à la réalité concrète.

 

Lui-même fut un homme communiste complet, connu pour son œuvre littéraire – écrite notamment sous le pseudonyme de Manuel Tiago, dont le mythique « A demain camarades ! » qui a bercé des générations de communistes –, son œuvre artistique, sa traduction du « Roi Lear » de Shakespeare.

 

Miguel nous a livré un résumé riche de son ouvrage « O partido com paredes de vidro » (Le parti aux parois de verre) écrit en 1985 pour expliquer ce qu’était le parti communiste face à la propagande de l’idéologie dominante qui le décrivait comme une organisation fermée.

 

Une organisation de classe et de masse

 

D’abord, il est nécessaire de rappeler l’actualité du Parti communiste, indispensable pour renverser le pouvoir du capital, pour réaliser la transition au socialisme : sans une organisation disciplinée, sans une idéologie conséquente, ce changement de société est impossible.

 

« Un parti marxiste et léniniste », il s’appuie sur une conception du monde, le marxisme-léninisme, doctrine qui non seulement explique mais aide à transformer le monde. Cette théorie s’enrichit dans son rapport constant à la pratique, son actualisation créative.

 

« Le parti de classe », Cunhal tenait à qualifier le PCP de « parti de la classe ouvrière et des travailleurs » : la nature de classe du parti suppose l’organisation sur le lieu de l’affrontement entre capital et travail, l’usine, le bureau, le lieu de travail.

 

C’est lorsqu’on abandonne l’organisation sur le lieu de travail pour privilégier l’organisation dans les quartiers que s’affaiblit la pratique, l’influence, la force idéologique du parti. Cunhal et le PCP ont fait appliquer la « règle d’or », que le Comité central ait une majorité ouvrière.

 

« Parti d’avant-garde et de masse » : être l’avant-garde suppose pour le Parti connaître parfaitement la situation concrète des travailleurs, ses contradictions, c’est apprendre des masses autant voire plus que le Parti apprend aux masses, par la pratique avant tout.

 

Un parti fidèle à ses principes mais orienté vers le rassemblement populaire

 

C’est une difficile équation pour le parti, il faut porter le mouvement vers l’avant … sans être trop loin par rapport à lui, il faut le guider vers des objectifs concrets, dans un processus conduit à renverser le système capitaliste.

 

Dans ce processus, le parti doit saisir le niveau de conscience des masses, toujours faire la « juste évaluation » de l’état du Parti, des masses et de leur conscience.

 

Le « rassemblement populaire » : c’est un point fondamental, la révolution ne se fera pas par la seule classe ouvrière, le seul Parti communiste, une politique d’alliances rassemblant toutes les couches sociales anti-monoplistes est donc indispensable, cela suppose une application souple des principes, ne jamais faire abstraction de ala vie.

 

Le « parti comme collectif » : c’est enfin un dernier point, celui de l’organisation interne du parti comme collectif : l’action du parti comme la définition de la ligne sont un travail collectif, la discussion, la critique, les différences d’opinion font partie intégrante de l’organisation.

 

Le travail collectif, c’est la dynamique qui fait la vie du parti, la discussion contradictoire pour aboutir à une ligne commune est indispensable, pour que cette ligne puisse être appliquée par une seule organisation sur le terrain.

 

Un débat riche sur la situation au Portugal et nos tâches en France

 

Les questions de la salle ont fusé après l’intervention. D’abord sur la situation au Portugal – comment la Jeunesse et le Parti communiste organise la colère –, ensuite sur des questions théoriques et pratiques nous concernant, nous jeunes communistes français.

 

Sur la situation au Portugal, Miguel a rappelé la force du PCP, avec ses 60 000 militants, son lien étroit avec le syndicat majoritaire (la CGTP). Le PCP est la seule force agissante dans la société, elle organise avec la CGTP les grèves dans les entreprises, construit des mobilisations regroupant plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues.

 

De nombreux défis se posent, d’abord l’organisation des jeunes chômeurs – plus de 40 % des jeunes sont chômeurs au Portugal –, les jeunes communistes privilégient toujours l’organisation des chômeurs en tant que travailleurs … privés d’emploi, à organiser soit sur leur ancien/futur lieu de travail, soit temporairement dans les quartiers.

 

Des questions plus complexes ont été posées : sur la définition de la classe ouvrière/prolétariat, sur les effets idéologiques et matériels de l’atomisation-individualisation des relations de travail, sur nos tâches dans la reconstruction d’une organisation de classe en France.

 

De telles questions seront l’objet de nos prochaines initiatives, axées prioritairement vers la reconstruction de l’organisation sur les lieux de travail, auprès des jeunes travailleurs, pour mettre à bas ce système oppresseur.

 

En ce sens, l’héritage d’un grand dirigeant du mouvement communiste international d’Alvaro Cunhal, l’exemple de la Jeunesse et du Parti communiste portugais, est important dans notre travail de reconstitution de la Jeunesse communiste, ici, dans le 15 ème !

 

 

 

 

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